Les chats vivant dehors devraient être castrés et pucés

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Les chats vivant dehors devraient être castrés et pucés

Les organisations suisses tirent la sonnette d’alarme: il y a un nombre trop élevé de chats errants. La campagne Luna&Filou veut sensibiliser les propriétaires afin d’éviter que cette problématique ne s’aggrave.

Les chats vivant dehors devraient être castrés et pucés

Quelques centaines de milliers de chats sans propriétaires vagabonderaient en Suisse. Un chiffre choc qui n’est pas sans conséquence. Cette population sauvage est en effet problématique, que cela soit au niveau du bien-être de ces animaux, du risque qu’ils contribuent à propager des maladies ou de la reproduction incontrôlée d’une partie d’entre eux. Pour éviter que de nouveaux individus viennent augmenter ce nombre, plusieurs organisations ont uni leurs compétences, afin de sensibiliser le grand public.
Baptisée Luna&Filou, la campagne menée conjointement par la Protection suisse des animaux (PSA), l’entreprise Identitas SA, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires et la profession vétérinaire encourage les propriétaires à prendre certaines mesures simples. «Plus le pourcentage de chats d’extérieur castrés et clairement identifiés à l’aide d’une puce électronique sera élevé, plus la probabilité sera faible qu’ils se reproduisent hors de tout contrôle, deviennent sauvages et contractent des maladies hautement contagieuses comme le typhus et le coryza», ­relève Fabien Loup, responsable du domaine protection des animaux domestiques et sauvages à l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires.

Une identification par puce
Chaque année, des milliers de chats sont perdus par leur propriétaire. «En 2017, nous en avons recueilli 6668, note Helen Sandmeier, de la PSA. Seuls 1672 chats ont pu être rendus à leur ancien maître.» Le collier ayant un risque élevé de se détacher et représentant en outre un danger pour l’animal, le marquage électronique est donc le seul moyen d’identifier son chat de manière sûre. «Notre association recommande vivement cet acte bénin, indique Marie Müller, de l’Association suisse pour la médecine des petits animaux. Malheureusement, trop de chats égarés atterrissent dans des refuges, car leur propriétaire n’a jamais été retrouvé. La puce permet également d’être tenu informé, de savoir si son chat mort est évacué par la voirie. Connaître ce qui est arrivé à son animal est toujours préférable que de vivre dans l’incertitude.» Pour les vétérinaires, l’identification par puce donne la possibilité de savoir si une chatte inconnue est stérilisée. Ils peuvent aussi plus facilement adapter le traitement à un individu trouvé blessé, en ayant ainsi un moyen de contacter rapidement les propriétaires. Actuellement, seul un tiers environ des chats sont pucés et enregistrés en Suisse, alors que l’identification électronique est obligatoire dans notre pays pour tous les chiens.

Reproduction sous contrôle
La campagne vise aussi à sensibiliser les propriétaires quant à l’importance de castrer leurs chats. À noter que tout détenteur d’un félin a des obligations légales, particulièrement si son animal sort sans surveillance à l’extérieur. L’une d’elles, énoncée dans l’ordonnance sur la protection des animaux, consiste à prendre les mesures nécessaires, afin d’empêcher une reproduction excessive. La castration n’est cependant pas obligatoire en Suisse, contrairement à l’Autriche qui a instauré en 2016 cette mesure pour les chats libres de leurs déplacements. En Allemagne, plusieurs centaines de villes ont mis en place un règlement similaire. «En plus de contenir la prolifération incontrôlée, la castration contribue également à la bonne santé des chats, relève Julie Schwechler, de l’Association suisse pour la médecine des petits animaux. Non castrés, ils errent plus loin et sont plus exposés aux risques de blessures lors de bagarres territoriales. Sans compter que les conflits et les accouplements augmentent le risque d’infection par les maladies félines.» Des études statistiques ont ainsi démontré que les chats castrés avaient une espérance de vie plus longue. Les vétérinaires recommandent en général de castrer les chatons avant leur première sortie non surveillée. Ceux-ci atteignent leur maturité sexuelle entre six et neuf mois et peuvent dès lors avoir une à deux portées de deux à six chatons par an. De quoi donner rapidement naissance à une famille (trop) nombreuse!

+ D’infos www.lunaetfilou.ch

Texte(s): Véronique Curchod
Photo(s): DR

En chiffres

Les chats en Suisse:
100’000 à 300’000 individus errants dont personne ne s’occupe.
1,4 million d’individus appartenant à un propriétaire connu.
70% d’entre eux peuvent sortir à l’extérieur.
30% des foyers en possèdent plusieurs.
87% des propriétaires estiment que la castration est nécessaire.
Plus de 170’000 chats errants ou de ferme castrés au cours des 22 dernières années avec le soutien de la Protection suisse des animaux.

Tarif réduit en novembre

Tout au long du mois de novembre, l’Association suisse pour la médecine des petits animaux et Identitas SA, qui gère la banque de données ANIS dans laquelle sont enregistrées les puces électroniques, soutiennent l’identification des chats en proposant un tarif réduit. Hors rabais, il faut compter entre 70 et 100 francs pour la pose et l’enregistrement de la puce. Implantée dans le cou, elle contient un numéro à quinze chiffres qui peut être lu au moyen d’un lecteur que possèdent les vétérinaires, la police et de nombreux refuges. Le propriétaire peut ainsi facilement être identifié. Une nouvelle application baptisée Amici vient d’être lancée, afin de faciliter la gestion de ces données. Le marquage électronique ouvre d’autres possibilités: accès personnalisé au logement grâce à des chatières spécifiques ou distributeurs dosant la nourriture de son chat. Certaines puces spécifiques mesurent même la température corporelle de l’animal.