Le franches-montagnes, nouvel atout touristique

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Le franches-montagnes, nouvel atout touristique

Le cheval franches-montagnes revêt un attrait touristique indéniable pour le Jura. Désormais, une nouvelle offre permet de découvrir plus intimement l’unique race chevaline suisse.

Le franches-montagnes, nouvel atout touristique

Situé au sud de la rivière, le Parc naturel régional du Doubs s’étend jusqu’aux Franches-Montagnes. Sans le cheval du même nom, ses paysages typiques, alternant vastes pâturages boisés et profondes forêts, ne seraient cependant pas si attractifs. «L’impact du cheval franches-montagnes sur l’attrait touristique de la région est important, confirme Gaëlle Rion, de Jura Tourisme. Dans l’esprit des visiteurs, les équidés au pâturage font partie de l’image qu’ils s’attendent à trouver.»

Si l’offre touristique en loisirs équestres est déjà bien développée, tous les visiteurs ne souhaitent pas pratiquer une activité équestre pour avoir l’opportunité de côtoyer l’animal emblématique de la région. «Dans nos bureaux d’accueil de Jura Tourisme, on nous demande régulièrement où on peut voir ces fameux chevaux franches-montagnes, confirme Gaëlle Rion. Des visites d’élevage, organisées jusqu’alors seulement pour les groupes, étaient souvent sollicitées.» Pour répondre à la demande de la clientèle, le Parc naturel régional du Doubs, labellisé en 2013 par la Confédération, a développé un projet novateur en collaboration avec Jura Tourisme. Baptisé «Des chevaux et des hommes, une rencontre au coeur du Jura», cette offre propose d’aller à la découverte des éleveurs et de leurs franches-montagnes.

Une expérience unique

«En tant que Parc naturel régional, notre rôle est de promouvoir le patrimoine de la région, relève Nadège Graber, responsable du projet. Or, le cheval franches-montagnes est profondément ancré dans la culture locale. Ce qui nous intéressait était de faire connaître l’animal en lui-même, ses caractéristiques et son histoire, ainsi que ses interactions avec son environnement et les habitants du Parc.» Désormais, une carte interactive avec des points de géolocalisation permet de visualiser les pâturages qui abritent des troupeaux de chevaux en semi-liberté. «Notre idée est de permettre aux gens de vivre une expérience unique, s’enthousiasme Nadège Graber. Se retrouver au milieu d’un troupeau et pouvoir caresser un poulain est un moment exceptionnel.» Les éleveurs transmettent directement au Parc naturel régional du Doubs le pâturage où se trouvent leurs chevaux et précisent la composition du troupeau, le nombre d’individus et leurs particularités.

«Se balader sur les traces des chevaux franches-montagnes est un but d’excursion original, à pied ou à vélo, souligne Gaëlle Rion. Vu la taille des pâturages, il faut les chercher un peu, ce qui fait partie du jeu.» Mais approcher ainsi au plus près des chevaux vivant en semi-liberté nécessite cependant quelques précautions. «Nous essayons de rendre les gens attentifs au comportement adéquat à adopter. Ne pas effrayer les chevaux, ni les nourrir, rester sur les chemins officiels, refermer les barrières de pâturages font partie des règles de bon sens.»

Au coeur d’un élevage

Pour ceux qui veulent approfondir le sujet, la rencontre avec des éleveurs permet de découvrir les coulisses de l’élevage chevalin. Huit éleveurs ont répondu présents. Tous se situent sur le territoire du Parc naturel régional du Doubs et possèdent au minimum quatre juments poulinières. «Nous avons pu mettre sur pied cette offre grâce aux éleveurs et à leur investissement personnel dans ce projet, indique Gaëlle Rion. Ouvrir ainsi les portes de son élevage nécessite une certaine disponibilité. Ces visites leur permettent de mettre en valeur la richesse de leur savoir-faire.» Lancée début mai, cette initiative rencontre déjà un beau succès.

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Texte(s): Véronique Curchod
Photo(s): Véronique Curchod/DR

Et encore...

Quatre autres possibilités de découvrir ce cheval

Marché-Concours, Saignelégier

Du 11 au 13 août 2017, Saignelégier célèbre le cheval franches-montagnes. Courses campagnardes, quadrille, présentation d’étalons et parade de 400 chevaux font partie des incontournables de cette grande manifestation folklorique. Quelques chevaux sont également proposés à la vente. Créé en 1897, cet événement attire chaque année plusieurs milliers de spectateurs, de Suisse, mais également de l’étranger. Cette année, l’hôte d’honneur est le canton du Tessin.
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Fondation pour le cheval

Cette institution est une maison de retraite pour chevaux où les animaux âgés peuvent finir leurs jours en toute quiétude. Des franches-montagnes, mais également d’autres races sont accueillies sur les trois sites différents qui composent ce home particulier. Le Roselet aux Breuleux (JU), Le Jeanbrenin à Tramelan (BE) et Maison Rouge aux Bois (JU) proposent des visites et des expositions qui permettent aux petits et aux grands d’aller à la rencontre des chevaux.
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Loisirs équestres

Balades en roulotte, en char attelé ou en char à fondue: les Franches-Montagnes offrent de multiples possibilités de découvrir la région au rythme de la race locale. Si vous souhaitez monter en selle, les divers prestataires vous proposeront une monture adéquate, que vous soyez cavalier confirmé ou débutant. Les cavaliers indépendants apprécieront de parcourir la terre natale du franches-montagnes sur des itinéraires balisés.
+ d’infos www.juratourisme.ch, www.aref.ch

Haras national suisse

Situé à Avenches (VD), le Haras national suisse détient une soixantaine d’étalons franches-montagnes. Divers projets scientifiques en lien avec la race sont menés sur le site. Le haras est ouvert au public tous les jours. Au gré de panneaux didactiques, les visiteurs apprendront à mieux connaître les chevaux et les activités du haras. Des manifestations en lien avec le franches-montagnes ont lieu dans ce cadre unique,
tels l’approbation des étalons.
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Questions à...

Brigitte Favre, éleveuse à Saignelégier (JU)
«Les visites d’élevage permettent de valoriser notre race et ses éleveurs»

Pourquoi avoir répondu présent à la demande de Jura Tourisme et du Parc du Doubs d’ouvrir les portes de votre élevage?
Notre exploitation est située à proximité d’une route principale et d’un camping. Nous avons depuis toujours eu des gens qui se sont spontanément arrêtés pour nous poser des questions sur notre travail. Je suis donc persuadée que cette offre répond à une demande. Nombreuses sont les personnes à s’intéresser au cheval franches-montagnes et à souhaiter en apprendre plus à son sujet sans vouloir monter. En outre, ces visites représentent une formidable opportunité de créer un lien entre le monde agricole et citadin. Montrer aux touristes notre quotidien et nos difficultés permet de les sensibiliser aux diverses problématiques des agriculteurs.

Que mettez-vous en avant lors de ces visites?
Nous expliquons toutes les facettes du travail de l’éleveur, du choix de l’étalon à la commercialisation, en passant par les tâches quotidiennes tels l’affouragement et l’éducation des jeunes chevaux. Nous accompagnons également les visiteurs dans les pâturages boisés, afin d’approcher au plus près juments et poulains. Souvent, ceux-ci sont surpris par la grandeur des prés. Les questions autour de la reproduction sont nombreuses. Le mode de saillie traditionnel, où l’étalon et la jument sont tenus en main, les interpelle. Par analogie avec les vaches, ils imaginent souvent plutôt qu’on a recours à un l’étalon en liberté dans le troupeau ou alors qu’on pratique exclusivement l’insémination artificielle.

Qu’est-ce que cette nouvelle offre peut apporter au cheval franches-montagnes?
Toute initiative qui vise à faire connaître notre unique race suisse au plus grand nombre est bienvenue. À travers ces visites, je réalise qu’elle est encore méconnue. Les touristes imaginent qu’ils vont découvrir un cheval de trait lourd, bai sans signalement. Ils sont tout surpris de voir l’élégance du franches-montagnes, ainsi que la variété de ses robes et ses capacités sportives. Nous insistons beaucoup sur sa polyvalence et son caractère exceptionnel. Peut-être que d’avoir l’opportunité de s’immerger ainsi dans un élevage et de côtoyer au plus près nos chevaux suscitera des vocations?

En pratique

Comment rencontrer des éleveurs?

Les visites d’élevage ont lieu toute l’année et durent en moyenne une heure. Les personnes intéressées prennent directement contact avec l’éleveur de leur choix, via le site www.chevaux-jura.ch. Il en coûte 10 francs par personne, les visites guidées étant gratuites pour les enfants jusqu’à 12 ans. Un montant minimum de 30 francs est demandé. Si vous voulez observer des chevaux au pâturage, la carte interactive disponible sur le site internet vous renseigne sur leur localisation. À noter que les chevaux se trouvent au pâturage uniquement du printemps à l’automne. Le site internet, qui est conçu comme une plate-forme didactique, propose en complément diverses informations autour du cheval franches-montagnes.