Le horse agility valorise la complicité qui lie un cavalier à sa monture

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Le horse agility valorise la complicité qui lie un cavalier à sa monture

Une toute nouvelle discipline équestre a fait son apparition en Suisse romande. Le horse agility se pratique au sol, avec un cheval en liberté, qui doit maîtriser un parcours d’obstacles. Découverte.

Le horse agility valorise la complicité qui lie un cavalier à sa monture

Sur le paddock de l’élevage de l’Abrannaz, à Vuisternens-en-Ogoz (FR), un cheval en liberté totale franchit plusieurs difficultés. En toute harmonie, il enchaîne tronc, planche à bascule, bâche et passage de tunnel, guidé à distance par les indications subtiles de Valérie Bourrit. Ici, le pur-sang anglais effectue avec régularité un slalom entre des cônes, alors que la jeune femme marche en ligne droite. Là, celle-ci l’envoie sauter à travers un cerceau. La Fribourgeoise et son fidèle Safran nous font une démonstration de horse agility. Cette discipline novatrice, qui mêle travail au sol et jeux en liberté, est basée sur les mêmes principes que l’agility pour chien. Si le sport canin est largement répandu, le horse agility n’en est pour l’instant encore qu’à ses débuts. Dans les deux cas, un parcours composé de plusieurs obstacles doit être réalisé le plus rapidement possible et sans faute par un animal en liberté. «On observe cependant quelques différences entre les deux disciplines, explique Sonja Ruffieux, présidente de l’Association suisse de horse agility. Si les parcours avec les chiens se déroulent à grande vitesse, on privilégie le pas et le trot avec les chevaux. Le galop est envisageable, mais il exige plus d’expérience: le cheval a alors beaucoup plus tendance à échapper aux indications de son cavalier. En outre, il est plus difficile de diriger le cheval à une grande distance. Le cavalier est donc plus proche du cheval que le maître de son chien. Les obstacles sont également adaptés aux chevaux et à leurs particularités physiques.»

Travail au sol en plein essor
À Vuisternens-en-Ogoz, Valérie Bourrit pratique le travail au sol depuis plusieurs années. Elle s’est donc tout naturellement intéressée à cette discipline, qui s’inscrit dans la continuité des stages qu’elle propose. «J’ai de plus en plus de demandes pour des cours de formation, explique la jeune femme, qui est chargée de la promotion du horse agility en Suisse romande. Ces dernières années, le travail au sol connaît un bel essor. Les cavaliers de loisir cherchent en effet des alternatives pour s’amuser avec leur cheval. Ils privilégient le partage d’un moment de complicité à un exploit sportif.» Le horse agility permet de mettre en valeur le lien unique qui unit un cavalier et son cheval. Tous les équidés peuvent pratiquer le horse agility, du mini-shetland au cheval de trait en passant par l’âne et le mulet. Même les chevaux âgés, qui ne peuvent plus être montés, prennent également du plaisir à partager ainsi une activité avec leur cavalier. «J’aime cette discipline, car elle permet au cheval de s’exprimer librement, sans contrainte, s’enthousiasme Valérie Bourrit. L’animal a le choix d’accepter ou non de suivre nos indications. On propose, mais on ne peut pas imposer. De plus, l’aspect ludique est très marqué.»

Ne pas négliger la préparation
En regardant Safran affronter avec fluidité les diverses difficultés, la discipline du horse agility paraît aisée. Il n’en est pourtant rien. Guider ainsi un cheval sans aucun lien physique est un véritable défi! «Il est difficile de garder l’animal en permanence concentré sur nous, reconnaît Valérie Bourrit. Si son esprit est capté par autre chose – un chien qui aboie ou le public qui applaudit –, il risque de se laisser distraire et on perdra le contrôle. On n’a que la voix et notre langage corporel pour lui suggérer d’obéir.» Il ne suffit donc pas d’enlever le licol pour que son cheval effectue seul un parcours. Plusieurs étapes doivent être franchies au préalable. Il faut notamment désensibiliser l’animal à tous les objets un peu curieux qu’il pourrait être amené à côtoyer: bouteilles en PET, parapluie, rideau en lanières de plastique. Les exercices seront d’abord exécutés en tenant le cheval à la longe. «Le horse agility demande un grand travail de préparation, souligne la Fribourgeoise. Mieux vaut en être conscient avant de se lancer, sans quoi on risque vite de se décourager!
Je conseille aux débutants de prendre des cours avec un professionnel, afin d’éviter tout accident. Travailler en liberté avec un cheval n’est pas anodin. S’il ne respecte pas notre espace personnel, le jeu peut rapidement devenir dangereux.»

Texte(s): Véronique Curchod
Photo(s): Thierry Porchet

En pratique

Une discipline qui exige précision et rapidité
En compétition, le cheval doit franchir avec fluidité huit obstacles variés dans un ordre établi. Tout au long du parcours, une allure déterminée doit être maintenue. Il existe quatre catégories: au pas et au trot, de difficulté facile et moyenne. Chaque obstacle est noté individuellement. Ceux-ci demandent une totale confiance du cheval en son cavalier. La rupture d’allure ainsi que l’intervention physique du cavalier sur l’animal sont pénalisées. Deux notes supplémentaires sont attribuées en fonction de l’attitude générale du cheval pendant le parcours et de la discrétion des aides du cavalier. Si deux concurrents ont le même nombre de points, le plus rapide a l’avantage. À noter que bon nombre de cavaliers pratiquent la discipline sans participer à des compétitions.

Bon à savoir

Sport d’origine anglaise
L’agility pour chiens a été inventé en Angleterre à la fin des années 1970. Ses concepteurs se sont inspirés des concours hippiques pour chevaux, en ajoutant des difficultés spécifiques, comme le tunnel, aux sauts d’obstacles. L’origine du horse agility, qui n’a qu’une dizaine d’années, est quant à elle incertaine. Cette discipline doit son essor au développement du travail au sol avec le cheval. On pratique le horse agility dans plusieurs pays d’Europe, ainsi qu’en Australie et aux États-Unis. Le premier championnat suisse aura lieu en 2018.
+ d’infos: www.horseagilityschweiz.ch Contact pour la Suisse romande: Valérie Bourrit, valerie.bourrit@gmail.com, www.elevage-abrannaz.ch