valais, Nendaz

Balade à Nendaz sur les pas du Déserteur

La station valaisanne propose un nouveau sentier thématique autour d’une figure locale: le peintre Charles-Frédéric Brun. Un parcours qui invite également à la découverte du village et de son patrimoine.

«La vie de Charles-Frédéric Brun commence par une grande page blanche de 39 ans.» C’est par ces mots affichés sur une pancarte à l’Office du tourisme de Haute-Nendaz que débute le sentier balisé «sur les pas du Déserteur». Ce parcours thématique a été conçu pour célébrer les 150ans du décès de ce peintre bien connu dans la région et au-delà. Nous voilà donc partis sur les traces de l’énigmatique personnage qui arpentait autrefois ces ruelles. Jalonné de beaux jardins privés, le chemin descend d’abord abruptement vers Basse-Nendaz. Au fil des panneaux didactiques installés sur divers monuments, chapelles ou raccards, on apprend que cet intrigant Déserteur serait né à Colmar en 1804 ou 1811 puis se serait enfui d’Alsace pour trouver refuge à Nendaz. Son sobriquet vient du mystère qui entoure ses origines. En échange de quelques victuailles, l’artiste proposait aux villageois des peintures religieuses représentant les saints patrons chrétiens. C’est ainsi qu’ils ont adopté ce vagabond, inhumé en 1871 à l’église de Basse-Nendaz, à mi-parcours du sentier. De là, on remonte vers Saclentse puis on poursuit à l’ombre d’un couvert forestier bienvenu pour regagner Haute-Nendaz, tout sauf déserte en ce début d’été.

étapes

Tracé bien illustré
Sur les pancartes qui émaillent le parcours figurent les illustrations d’une BD réalisée par Simon et Daniel Varenne pour fêter les 150 ans du décès du Déserteur. Une commande passée par l’Association pour la sauvegarde du patrimoine nendard. En scannant les codes QR, des extraits du roman de Jean Giono Le déserteur s’affichent, de même que des informations biographiques ou des peintures réalisées par l’artiste.
Figure emblématique
La sépulture du peintre se trouve devant l’église de Basse-Nendaz. Jusque dans les années 1950, des paroissiens offraient des sachets remplis de la terre qui recouvrait la tombe pour leurs effets revigorants. Contre le clocher est accrochée la porte d’un grenier rescapée d’un incendie. On y lit: «Nous l’avons aimé et adopté, ses images sacrées ont illuminé nos chapelles et nos maisons.»
Panorama très ouvert
Nous sortons ici de Basse-Nendaz pour remonter vers Haute-Nendaz. C’est aussi l’occasion d’apprécier le paysage dégagé qui s’ouvre sur les montagnes faisant face à la vallée: Crêta-Besse, Wildhorn, Geltenhorn et Le Sublage (de dr. à g.) On croise moins d’habitations dans cette partie du sentier, ce qui nous permet de retrouver une flore plus sauvage et verdoyante.
La chapelle de Saclentse
Une fois la longue montée effectuée, il fait bon prendre un peu de repos au frais dans la chapelle de Saclentse, l’un des nombreux édifices religieux sur le parcours. Le curé Joseph Fournier est à l’origine de sa construction. Sa bénédiction a eu lieu en 1922. Une cloche qui avait été installée au clocher de Basse-Nendaz avant 1794 orne désormais celui de Saclentse.
Une place au frais
La «place Marcel» offre le cadre idéal pour pique-niquer avec une table, des bancs et une fontaine. Ce reposoir appartient à un habitant de Saclentse, Marcel Bornet, retraité de 80 ans, qui s’occupe de l’entretien du lieu ainsi que des raccards qui se trouvent juste derrière. «Le Déserteur? Oui, tout le monde connaît sa légende ici…», dit-il avec un brin de mystère dans la voix. C’est à l’église de Basse-Nendaz (VS) que se trouve la tombe du peintre.
Texte(s): Miguel Rodrigues en collaboration avec l’Office du tourisme de Nendaz
Photo(s): Miguel Rodrigues/Florian Bouvet-Fournier

infos pratiques

Y aller
En transports publics: bus B362 depuis la gare CFF de Sion jusqu’à Haute-Nendaz station, poste. Même chose pour le retour, bus toutes les demi-heures.
En voiture: A9, sortie à Conthey, puis suivre Haute-Nendaz. Parking devant l’Office du tourisme ou au centre du village.
Le parcours
7 km, dont 417 m de dénivelé négatif bien raides et 417 positifs plus étalés. Chemin bien indiqué par les pancartes. Peu de tronçons sont ombragés, prévoir chapeaux et lunettes de soleil. Enfants bienvenus, poussettes à éviter.
Se restaurer
Au Café de la Place à Haute-Nendaz, ou au Café du Sapin-Blanc à Saclentse.
 
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