Hausse des prix des pommes de terre et du lait
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L’Union suisse des paysans (USP) estime les pertes de récoltes à 522 millions de francs en 2026. «Cela correspond aux pertes de l’année 2003, qui a aussi connu une canicule record», observe une porte-parole de l’USP.
Dans le détail, la moitié des récoltes de maïs grain (50%) sont perdues. Les pertes s’élèvent à 30% pour le maïs fourrager, à 20% pour les pommes de terre, à 20% pour les betteraves sucrières, à 10% pour le soja et les tournesols, à 10% pour les légumes frais, à 5% pour les fruits frais et à 40% pour diverses plantes fourragères, telles que le foin, selon les estimations de l’organisation faîtière, qui précise que les résultats définitifs concernant les rendements de nombreuses cultures ne sont pas encore connus.
Récolte de patates historiquement basse
Selon l’interprofession de la filière des pommes de terre Swisspatat, la récolte de pommes de terre atteint même cette année un niveau historiquement bas, à 333000 tonnes. A titre de comparaison, la récolte moyenne entre 2020 et 2025 était supérieure de près de 20%, à 411000 tonnes.
Swisspatat prévoit une pénurie de pommes de terre d’environ 130000 tonnes pour 2026. Ce déficit devra être couvert par des importations. Pour les betteraves, les pertes devraient atteindre 25000 tonnes, selon une estimation provisoire de la Fédération Suisse des Betteraviers.
De son côté, l’organisation interprofessionnelle Fruit-Union Suisse évoque une récolte de cerises inférieure d’environ 15% aux prévisions. «Nous prévoyons également une récolte de prunes plus faible que prévu. Certaines prunes sont légèrement plus petites cette année. Idem pour les framboises. Les plants ont considérablement souffert de la chaleur et de la sécheresse», énumère Chantale Meyer, responsable du marketing et de la communication.
Hausse des prix
A côté de ce recul de la productivité, les exploitations agricoles ont dû fournir des efforts supplémentaires pour irriguer leurs cultures cet été, ce qui a entraîné une hausse des coûts de production. L’UMS a demandé à ce que ces charges économiques accrues soit rétribuées sur le marché.
Des négociations de prix ont déjà eu lieu dans les filières du lait et des pommes de terre, rapporte l’USP. L’Interprofession a décidé d’augmenter le prix indicatif du lait de quatre centimes. La branche entend par ailleurs demander à la Confédération un soutien de quatre centimes supplémentaires en raison de la situation extraordinaire que traverse actuellement le secteur.
Concernant les pommes de terre, les négociations entre les producteurs et la grande distribution n’ont abouti qu’à une augmentation de deux centimes. «C’est clairement insuffisant pour atténuer les conséquences économiques de la sécheresse. Nous réclamions une augmentation de 7 centimes pour les pommes de terre conventionnelles et de 13 centimes pour les pommes de terre bio», déplore le directeur de l’USP Martin Rufer, contacté par l’agence AWP.
Récoltes à venir
Les récoltes à venir devraient également accuser des baisses de rendement. «Il faut s’attendre à des calibres plus petits et à des quantités plus faibles pour les légumes qui poussent actuellement et qui seront récoltés en automne pour être mis en stock», anticipe Markus Waber, directeur adjoint de l’Union maraîchère suisse (UMS).
