En juin, l'or bleu reprend le chemin du grand bisse d'Ayent
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Le chenal de bois semble tenir miraculeusement à la paroi rocheuse. À quelques mètres de l’ouvrage, on mesure l’exploit qu’a constitué sa construction, dès 1424. Devenu iconique depuis qu’il orne les billets de 100 francs, le grand bisse d’Ayent incarne l’ingéniosité dont les Valaisans ont su faire preuve pour acheminer l’or bleu vers les pâturages et les vignes du Vieux-Pays.
«Les ouvriers se couchaient sur une planche au-dessus du vide, maintenue en équilibre par un contrepoids. Ils perçaient la roche et fichaient des poutres appelées boutsets.» Selon la légende, cette tâche périlleuse incombait aux jeunes hommes célibataires des familles démunies, qui payaient ainsi leur droit d’eau. Les plus riches pouvaient engager leurs deniers.
Une prouesse technique
Le président du consortage du grand bisse d’Ayent, Daniel Morard, conte cette anecdote tout en guidant une soixantaine d’élèves des écoles primaires d’Ayent et Grimisuat (VS) le long du tracé. L’histoire témoigne de l’enjeu que représentait l’accès à l’eau. Plus de 600 ans plus tard, ce maillon reste essentiel à l’agriculture et à la viticulture locales. De nombreux bisses valaisans ne sont plus en activité, «mais pour Ayent et Grimisuat, la fonction touristique est secondaire; cet ouvrage continue de remplir son rôle d’origine: irriguer les pâturages et les vignes, abreuver le bétail et lutter contre l’incendie».
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