Faut-il laisser pousser cette plante sauvage dans son jardin?
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Avec ses immenses feuilles et ses capitules rose violacé, la bardane ne passe guère inaperçue. Cette grande bisannuelle pousse spontanément dans les lieux riches et plutôt frais: friches, pâturages, bords de chemins ou lisières.
La première année, elle forme une imposante rosette de feuilles au ras du sol. La deuxième, une longue tige florale s’élève, portant de nombreux capitules dont les fruits s’accrocheront ensuite aux vêtements et au pelage des animaux.
Plus d’un tour dans son sac
Sa longue racine pivotante explore les couches profondes du sol et peut contribuer à en améliorer la structure. La bardane apprécie particulièrement les terres fertiles et riches en matière organique, où elle trouve les conditions nécessaires à son développement.
Cette plante sauvage a pourtant bien plus d’un tour de velcro dans son sac. Sa racine est comestible et consommée depuis longtemps en Asie, notamment au Japon où elle est cultivée comme légume sous le nom de gobo. Jeune, elle se récolte avant de devenir trop fibreuse et se cuisine cuite, avec une saveur qui rappelle celle du salsifis. Une manière de redécouvrir une plante autrefois consommée chez nous et aujourd’hui surtout considérée comme une sauvageonne.
Purins et décoctions
Au jardin, ses feuilles et ses racines, hachées grossièrement, peuvent également être utilisées pour préparer des purins ou des décoctions. Riche en éléments minéraux, dont la potasse, le purin peut être utilisé comme stimulant et fertilisant, à l’image de la consoude, mais la bardane reste beaucoup moins connue pour cet usage.
Pour un arrosage au pied, diluez-le généreusement, à raison d’un volume de purin pour dix volumes d’eau. La décoction est plutôt utilisée en pulvérisation foliaire, notamment pour ses propriétés protectrices. Diluez-la toutefois encore plus généreusement, à 5%.
Un système aussi ingénieux qu’agaçant
Au potager, mieux vaut toutefois ne pas lui laisser prendre toute la place. Ses feuilles peuvent rapidement former une touffe imposante: inutile donc de conserver toutes les rosettes qui apparaissent spontanément. Gardez éventuellement un ou deux beaux pieds dans un coin du jardin, puis arrachez les jeunes plants excédentaires avant que leur longue racine ne rende l’opération plus laborieuse. Une fois installée, la bardane peut d’ailleurs repartir plusieurs années si une partie de sa racine reste en terre.
Enfin, surveillez ses fruits! Après la floraison, les capitules se transforment en petites boules couvertes de crochets qui s’accrochent à tout ce qui passe. Ce système ingénieux permet à la plante de disséminer ses graines, mais peut aussi s’avérer particulièrement agaçant pour le jardinier: ils s’agrippent aux vêtements, s’accrochent aux cheveux, grattent la peau et sont parfois difficiles à déloger sans abîmer les tissus. Pour éviter qu’elle ne devienne trop envahissante, coupez les capitules fanés avant leur complète fructification.
Les conseils de Charline Daujat
Haricots et canicule
Cette année, la première série de haricots a parfois donné une récolte bien maigre. De fortes chaleurs sont survenues au moment de la floraison, provoquant la chute des fleurs et perturbant la formation des gousses. L’année prochaine, préférez semer de petites quantités tous les 7 à 10 jours plutôt qu’une seule grande série: si une vague de chaleur compromet une floraison, les suivantes pourront prendre le relais.
Des mini-poivrons craquants
Essayez la variété compacte ‘Mini Bell Yellow’qui produit de petits fruits, doux et sucrés. Certaines variétés mini sont également précoces: leurs petits fruits arrivent plus rapidement à maturité que ceux des gros poivrons, un atout lorsque la saison est courte. Comme les autres poivrons, ils apprécient toutefois une longue période de chaleur: semez-les fin janvier au chaud, et plantez-les après les dernières gelées.
Le miellat a ses adeptes
La présence de guêpes communes sur les aubergines peut signaler la présence de pucerons. En suçant la sève, ces derniers produisent du miellat, une substance sucrée dont les guêpes raffolent. Inspectez donc le revers des feuilles et les jeunes pousses: vous y trouverez peut-être des colonies. Mais inutile de chasser les guêpes pour autant: elles capturent aussi de nombreux insectes pour nourrir leurs larves.


