Le difficile retour sur le marché des légumineuses
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Au XIXe siècle, les Suisses consommaient en moyenne 30 kg de légumineuses par an. Cette part est tombée à 300 g en 2000 pour atteindre désormais 2 kg. «Je pense qu’elles étaient associées à la ruralité, à des mets très simples et rassasiants qu’on a voulu oublier dès qu’on a eu les moyens de manger de la viande», explique Ludivine Nicod, collaboratrice scientifique au sein de l’Institut de recherche de l’agriculture biologique FiBL, qui planche sur plusieurs projets visant à promouvoir la culture et la consommation de légumineuses.
Pour réussir la transition vers une agriculture plus durable, il faut introduire les légumineuses dans la rotation des cultures, relève la chercheuse. Avec leur forte teneur en protéines – 100 g de lupin contiennent autant de protéines que 100 g de blanc de poulet –, ces plantes permettent de diversifier l’assiette du public, offrant une alternative à la production de viande, polluante et très gourmande en ressources.
Elles ont aussi une grande valeur environnementale, car elles enrichissent le sol. Grâce à la symbiose avec une bactérie installée sur leurs racines, les légumineuses se nourrissent de l’azote présent dans l’air et le fixent ensuite dans la terre pour les cultures suivantes.
Une question de coûts
Malgré ces avantages, la culture de ces plantes et leur consommation en Suisse restent discrètes. En 2024, un peu plus de 4700 hectares ont servi à faire pousser des pois, haricots, lentilles, lupins et autres pois chiches, et plus de deux tiers de la récolte ont été utilisés pour le fourrage animal. On est loin des plus de 140 000 hectares de céréales.
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