Les cultures intensives d'oléagineux causent une perte de biodiversité de 1,5%
Partager cet article
On savait que les cultures d’oléagineux pesaient sur la biodiversité, mais leur impact réel n’avait jamais été chiffré. Une étude pilotée par l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETH-Zurich) s’est penchée sur la question. Selon elle, ces cultures entraînent la perte d’environ 1,5% des espèces animales et végétales dans le monde.
Cette étude, publiée vendredi, indique par ailleurs que la disparition de la biodiversité causée par ces cultures oléagineuses a augmenté d’environ 80% depuis 1995. En cause, l’augmentation constante de la consommation de ces huiles, notamment aux Etats-Unis, dans l’Union Européenne (UE) et en Chine. «Du point de vue de la protection de l’environnement, la perte de biodiversité est un problème aussi important que le dérèglement climatique», rappelle le professeur Stephan Pfister, cité dans le communiqué de l’ETH-Zurich.
Trois grands coupables
Les scientifiques ont analysé des données mondiales sur la production, le commerce et l’utilisation des terres par les cultures d’oléagineux, couvrant plusieurs décennies. Ils ont aussi calculé dans quelles mesures les différentes formes d’utilisation des terres menacent les espèces animales et végétales.
L’étude a porté sur 19 sortes d’oléagineux. Certains s’avèrent particulièrement destructeurs de biodiversité comme le palmier à huile, le soja et la noix de coco. A eux trois, ils sont responsables d’environ 75% de la disparition de la biodiversité causée par les cultures oléagineuses.
Les régions tropicales sont fortement touchées. Sous ces latitudes, la culture de palmiers d’huile et de cocotiers, qui se fait à coups de déforestation, est très répandue et ces régions sont, par ailleurs, très riches en espèces animales et végétales. Les dégâts générés à la biodiversité sont donc considérables.
Production plus écologique
Il sera compliqué d’inverser la situation rapidement. Les exploitations agricoles existantes continueront d’exercer une pression importante sur les écosystèmes à long terme. «Même en l’absence de nouvelle déforestation, l’impact des pratiques agricoles actuelles se fera sentir», avertit le professeur Pfister.
Une des solutions pour limiter l’impact de ces cultures sur la biodiversité serait d’adopter une production plus respectueuse de l’environnement et une agriculture qui préserve les sols et la nature. Les habitudes de consommation devraient aussi évoluer et changer.
Mais la mondialisation rend les solutions simples difficiles à mettre en œuvre, souligne l’ETH-Zurich. La demande peut rapidement se déplacer vers d’autres régions. Un levier important serait d’investir «dans de meilleures méthodes de production et de protéger les écosystèmes dans les pays producteurs», note Stephan Pfister.
