Apprendre en chemin, dans l’esprit du compagnonnage

Transmettre des savoir-faire, apprendre par la pratique en prenant le temps de la rencontre: les Sentiers des savoirs séduisent un nombre croissant de personnes. Ce réseau itinérant, inspiré du compagnonnage, entend s’étendre au-delà de l’Arc jurassien où il a fait ses débuts.
ATS/La rédaction

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Nés en France, les Sentiers des savoirs, qui s’inspirent des modèles millénaires du compagnonnage et du pèlerinage, ont éclos dans l’Arc jurassien il y a quelques années et commencent à s’étendre à d’autres lieux romands, et peut-être à l’avenir à l’ensemble de la Suisse. Le nombre de personnes, qui apprennent un savoir-faire et développent un savoir-être en se rendant d’un endroit à un autre, s’est élevé à 30 cette saison.

«Comme les apprenants sont itinérants, nous mettons en réseau des lieux de transmission pas trop éloignés les uns des autres, pour qu’ils puissent être rejoints à pied», relève Amélie Pochon, coordinatrice de l’association des Sentiers des savoirs.

En 2026, les 23 passeurs de savoirs étaient établis essentiellement dans l’Arc jurassien (NE-JU-BE-VD) et à un endroit dans le canton de Fribourg. L’association cherche à s’étendre à l’ensemble du canton de Vaud et en Valais, où des bénévoles sont en train de monter un réseau.

Initiative d’Ernst Zürcher

Les Sentiers des savoirs ont été initiés par l’ingénieur forestier, auteur et conférencier Ernst Zürcher. Selon lui, «certains savoirs ne se découvrent pas seulement dans les livres. Ils demandent du temps, de l’attention et une expérience directe au monde». La démarche invite à apprendre en marchant, en se rencontrant et en faisant.

Les apprenants signent un contrat, s’engagent à respecter des règles de comportement et à rester au minimum deux-trois jours sur place. «Aussi bien des femmes que des hommes y participent», ajoute Amélie Pochon.

«Et des personnes de tous les âges. Il peut s’agir de jeunes qui terminent leurs études et ont besoin de se frotter au réel, des personnes en reconversion professionnelle ou d’autres engagées dans la transition écologique», selon la coordinatrice, qui précise que l’objectif est d’être ouvert à tout le monde et accessible financièrement.

Des murs en pierre sèche à l’herboristerie

Les passeurs de savoirs fixent les conditions du séjour et le nombre de personnes maximales en même temps. «Cette année, la durée maximale du séjour dans un lieu fut d’un mois. Une personne a par ailleurs séjourné dans neuf endroits différents» durant la saison qui va de juin à octobre.

La durée dépend aussi du domaine d’activité. Les passeurs de savoirs sont actifs aussi bien dans le maraîchage, la permaculture, l’élevage d’animaux, la construction de murs en pierres sèches, la poterie, la vannerie, l’herboristerie, la teinture végétale ou la boulangerie artisanale.

La coordination est assurée par la Fondation Zoein. L’association Les Sentiers des savoirs – Suisse dédommage les passeurs de savoirs, membres du réseau, pour le temps passé à partager leurs connaissances. De leur côté, les apprenants versent une cotisation de 80 francs et participent financièrement en fonction du lieu et de la durée.

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