Voyage à vélo: à Lausanne, Festivélo donne envie de se lancer
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Enfourcher son vélo. Sillonner les routes d’ici et d’ailleurs. Pédaler là où les vents ou nos envies nous portent. S’arrêter dans des lieux magiques. Ou simplement où on veut. Quand on veut. Se reposer quand le besoin se fait sentir. Puis remonter en selle. De plus en plus de personnes sont adeptes du voyage à vélo.
Ce que l’on entend sous ce nom? «Le voyage à vélo commence à partir de deux jours à pédaler dans la même direction et en s’accordant la liberté de s’arrêter quand on veut», propose Edgar Haldimann, comme définition toute personnelle de ce type de voyages.
Inspirer d’autres aventuriers
En tant que membre fondateur de Festivélo, à Lausanne, on peut lui faire confiance. Pour la neuvième année consécutive (lire encadré), le Vaudois coorganise ce festival consacré aux voyages à vélo et réunit à cette occasion de nombreux adeptes de la petite reine qui viennent partager avec le public leur vécu. Et pourquoi pas inspirer d’autres aventuriers et leur donner l’élan et le courage de se lancer dans un voyage au moyen ou long cours.
«L’idée du festival était d’offrir aux personnes qui reviennent d’un voyage de ce type un espace pour en parler et partager cette expérience», précise-t-il. «Ces voyages suscitent toujours beaucoup d’émotions et d’engouement. Alors pouvoir les présenter sur grand écran ajoute en intensité.»
Sur la route avec un bébé
Depuis 2017, Festivélo est devenu un lieu de partage et d’inspiration, mais aussi de gentillesse et de bienveillance, deux vertus qui accompagnent souvent les cyclistes au cours de leurs périples. Morgane et Jean-David L’Hoste Lehnherr en témoignent. Ce couple a pédalé de la Suisse jusqu’en Géorgie en 2020 et 2021, avec leur fille âgée de quatre mois. Ils participeront cette année au festival. «Sur la route, nous avons rencontré beaucoup de solidarité», souligne Morgane.
Pour elle, voyager à vélo nécessite aussi d’accepter sa part de vulnérabilité. «Car on est exposé à avoir besoin des autres. Que ce soit pour régler un problème technique, trouver de l’eau ou un endroit pour la nuit. Cette vulnérabilité est aussi un moyen de faire des rencontres.» Et de citer le jour où l’axe de la roue de leur charrette, dans laquelle voyageait leur bébé, s’est cassé.
«On était au milieu de nulle part. Mais nous avons croisé la route d’une personne qui a embarqué cet axe pour le faire refabriquer à plusieurs centaines de kilomètres de là. Et qui a ensuite trouvé le moyen de nous le renvoyer par le biais d’une autre personne. C’était vraiment incroyable, on trouve toujours des solutions miraculeuses.»
Un livre en héritage
Lorsqu’ils décident de partir sur les routes d’Europe et d’Asie à vélo, avec leur bébé de quatre mois, Morgane et Jean-David L’Hoste Lehrherr n’avaient pas en tête d’en faire un livre. Mais l’écriture s’est imposée à eux pour pouvoir raconter plus tard à leur fille Mirabelle ce voyage dont elle ne pouvait garder aucun souvenir. Intitulé Poste restante (Slatkine, 2026), ce livre propose donc un récit épistolaire, composé des lettres rédigées par les parents à leur enfant. Il ne s’agit pas de parler de ce voyage d’une manière linéaire, mais davantage d’évoquer comment le jeune couple a découvert la parentalité et cette nouvelle vie de famille qui s’offrait à eux.
Un tempo sur mesure
La petite famille, qui a entamé son voyage en 2020, en pleine pandémie, s’est laissé porter au gré des réglementations qui avaient cours dans les différents pays. Elle n’avait pas prévu de se rendre en Géorgie initialement, mais plutôt en Afrique. «Ce sont aussi les charmes du voyage à vélo», glisse Jean-David. Mais ce qui plaît par-dessus tout aux deux Vaudois, c’est la simplicité du voyage et la liberté qu’il leur confère. «Nous sommes autonomes et libres de nous arrêter où nous voulons et pour la durée que nous choisissons.» Cette liberté leur a permis de vivre, au cours de ces quelque 18 mois, leur parentalité au rythme de leur petite fille. Et de découvrir la vie en famille en étant ensemble à cent pour cent.
Durant le festival, Morgane et Jean-David L’Hoste Lehnherr animeront un atelier sur le voyage en famille. Ils dévoileront des astuces, donneront des conseils, mais rassureront surtout les familles qui seraient tentées par cette expérience. «Par le passé, nous avons beaucoup voyagé à vélo. Et nous avons rencontré le plus de solidarité et de bienveillance lorsque nous étions avec notre fille», assure Morgane.
Tous types de profils
À côté du voyage en famille, Festivélo donnera la parole à des baroudeurs et baroudeuses partis en solo, en couple ou entre amis. «Il y a autant de manières de voyager qu’il y a de personnes», glisse Edgar Haldimann. Et toutes les méthodes sont bonnes: utiliser un vélo électrique ou musculaire, dormir sous tente ou chez l’habitant, suivre les chemins tout tracés ou sortir des sentiers battus, voyager pour se retrouver soi-même ou pour faire des rencontres.
Revenant à Festivélo, Edgar Haldimann précise qu’un des ateliers sera consacré aux 60 ans et plus. «Au moment de la retraite, on a besoin de se projeter dans de nouveaux projets. Pourquoi pas un voyage à vélo? Nous voulons montrer que c’est possible, tant du point de vue de l’organisation que de la santé.» Et de conclure que tous les voyageurs à vélo ne cherchent pas l’exploit sportif, mais bien «le plaisir d’être dehors et de faire de belles découvertes.»
Trois jours d'échanges
Festivélo se tiendra du vendredi soir 6 au dimanche 8 novembre, à Lausanne. Pour cette 9e édition, les organisateurs proposent une quinzaine de conférences données par des personnes désirant partager leur expérience de leur voyage à vélo. Des ateliers – notamment mécaniques – sont également prévus pour aider plus concrètement les cyclistes à résoudre les éventuels problèmes. Mais le cœur du festival réside bien dans les échanges. «Les visiteurs participent surtout pour élargir leurs horizons et discuter avec d’autres personnes passionnées par les voyages à vélo», souligne Edgar Haldimann, fondateur de Festivélo. Quelque 4000 visiteurs sont attendus durant les trois jours.


