Nos cheveux valent mieux que de finir au feu
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Vous êtes-vous déjà demandé où vont vos cheveux, une fois coupés chez le coiffeur? La plupart du temps, ils finissent dans des sacs poubelle, puis à l’incinérateur, comme n’importe quelle ordure ménagère. Sauf si vous vous rendez dans l’un des 550 salons du pays ayant pris part au projet Recup’hair. Celui-ci a été lancé il y a trois ans par l’entreprise Papirec, propriété du groupe Barec – spécialisé dans le recyclage, entre autres, de métaux, papiers, cartons et certains plastiques. Le but est d’offrir une seconde vie aux déchets capillaires. En souscrivant à un abonnement mensuel compris entre trente et quarante francs selon la quantité de matière fournie, les établissements profitent de collectes en porte-à-porte, incluant la récupération des flaconnages en plastique, bouteilles en aluminium, aérosols et autres contenants.
Les académies de coiffure de Lausanne ont été parmi les premiers clients séduits. «Chaque jour, nous produisons une grande quantité de déchets. Cela revient cher, car nous n’avons pas toujours la possibilité d’aller à la déchetterie. Cette initiative tombait à pic, témoigne leur directeur Jérôme Desloges. De plus, valoriser les cheveux permet de sensibiliser nos élèves au développement durable, ce qui donne une autre dimension au métier.» Recup’hair récolte environ une tonne mensuellement, soit l’équivalent de 100’000 coupes homme. Cette matière est d’abord entreposée pendant trois mois afin d’écarter tout risque de parasite comme les poux, puis est transformée à Moudon (VD), dans l’une des usines de Papirec.
À la machine à tisser
Mais à quoi peuvent bien servir les cheveux? «Ils ont un grand pouvoir d’absorption des matières grasses, tout en ne retenant pas l’eau. Un kilo peut stocker environ huit litres d’huile. C’est génial! s’exclament Thomas Leu, directeur de l’entreprise, et Grégory Guenbour, directeur de la succursale. Sans compter que cette matière est imputrescible, c’est-à-dire qu’elle ne se dégrade pas, ou très peu, avec le temps.» Ainsi, des tapis absorbants ont pu être conçus, destinés aux garagistes, collectionneurs de vieilles voitures, bricoleurs, dépanneurs agricoles ou paysans, à placer sous un véhicule en cas de fuite. «C’est une alternative efficace, naturelle et locale au tapis synthétique. Mais surtout, c’est un exemple inédit d’économie circulaire en circuit court.»
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