Le silure pourrait vous chatouiller les pieds cet été
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Originaire des bassins du Danube et de l’Europe orientale, le silure est désormais bien établi dans plusieurs grands lacs suisses, dont le Léman, ainsi que ceux de Neuchâtel, de Zurich et de Greifen. Ce poisson impressionnant, qui peut dépasser deux mètres de longueur et peser plus de 80 kilos, suscite autant de fascination que d’inquiétude.
Aujourd’hui, les captures se multiplient sur les deux rives du Léman, avec une présence particulièrement marquée dans la rade de Genève et le Petit-Lac. Les chiffres témoignent de cette progression spectaculaire: selon les statistiques fédérales, plus de 7600 silures ont été capturés en Suisse en 2023, contre environ 1400 il y a dix ans et à peine plus de 500 au début des années 2000.
Moeurs discrètes
Malgré cela, le silure reste un poisson discret. Le jour, il se tient souvent près du fond ou à l’abri des structures immergées. À la tombée de la nuit, il quitte ses refuges pour chasser. Son régime alimentaire est varié: poissons, écrevisses, crustacés et parfois même oiseaux aquatiques figurent à son menu. Des études menées dans les lacs alpins montrent qu’il sait exploiter aussi bien les zones littorales que les eaux plus profondes.
Cette capacité d’adaptation nourrit le débat. Certains biologistes s’interrogent sur l’impact de ce nouveau prédateur sur des espèces emblématiques du Léman, comme les corégones ou les lottes. D’autres soulignent que les écosystèmes aquatiques sont complexes et que le rôle exact du silure reste encore difficile à quantifier.
Facile à observer
Chez les plongeurs, le géant à moustaches est devenu une attraction recherchée puisqu’il est devenu relativement courant d’apercevoir d’imposants individus immobiles près du fond, indifférents à la présence humaine. Contrairement à certaines rumeurs, le silure ne représente pas un danger pour les baigneurs. Curieux plutôt qu’agressif, il préfère généralement s’éloigner discrètement.
Il n’est donc pas exclu qu’à la faveur d’une baignade, un silure vienne vous chatouiller les pieds. Si cela vous arrive, pas de panique: vous venez simplement de croiser l’un des poissons les plus impressionnants qui peuplent le Léman.

