La discrète drave du printemps est une adepte de la vitesse
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Parmi les diverses espèces de draves existant en Suisse, l’une d’entre elles annonce le printemps: Erophila verna. Contrairement à ses cousines – des murailles, ladines ou faux-aïzoon –, elle présente de courtes racines. Haute de 5 à 20 cm et dotée de quatre petits pétales disposés en croix, la drave printanière échappe facilement aux regards. Elle est issue de la famille des brassicacées, comme le colza et les choux. Ses tiges nues et ses feuilles sont recouvertes de légers poils blancs. En latin, son nom signifie «qui aime le printemps», mais elle est aussi surnommée Hungerblümchen en allemand – soit «petite fleur de la faim». «Les agriculteurs la considèrent comme une mauvaise herbe, explique Adrian Möhl, botaniste chez InfoFlora. Ils l’ont appelée ainsi, car, comme elle pousse dans des terres maigres plutôt hostiles aux plantations, son arrivée signifiait qu’on allait avoir faim!»
Une plante pionnière
Rapidement satisfaite, Erophila verna nécessite peu de matière organique pour se développer. «D’autant plus qu’elle paie un prix pour sa rapidité: elle a besoin d’une niche écologique où elle peut échapper à la concurrence des autres plantes», indique Stefan Eggenberg. Cela fait d’elle l’une des premières dans la succession écologique. «Elle fait partie des plantes pionnières: quand la végétation commence à apparaître sur un sol perturbé, ce sont elles qui poussent en premier», continue le directeur d’InfoFlora. Résultat: zones de dalles ou pierrailles, la drave printanière colonise rapidement les milieux défrichés… et on peut même l’apercevoir dans les parkings! «Année après année, je m’étonne de la voir en fleur au milieu des pavés, et qu’elle soit si robuste tout en gardant cette allure si modeste.»
La première, c’est elle
Dès les premiers rayons de soleil du mois de mars, on peut observer sa floraison. «On a presque l’impression que sous la neige, elle est déjà là, dans les starting-blocks, à attendre le feu de départ pour la course», s’amuse Adrian Möhl. Elle profite en fait du mois de mars: l’humidité et la rareté des périodes sèches qui caractérisent la fin de l’hiver lui sont bénéfiques pour finaliser son cycle et se faire polliniser de façon précoce. Car si chaque plante doit décider comment investir ses ressources, la drave printanière, elle, choisit la rapidité. «Cette stratégie lui simplifie pas mal d’étapes de vie: elle germe tout de suite, croît très promptement, et se met en fleur et en fruit en quelques jours, précise Stefan Eggenberg, directeur d’InfoFlora. Et quand les autres plantes commencent à pousser quelques semaines plus tard, cette brave a déjà fini son cycle.»
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