En octobre, prenez le temps d'admirer le ciel
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Entre le 2 octobre et le 7 novembre, les Orionides illumineront le ciel. Selon la NASA, il s’agit «de l’une des plus belles pluies d’étoiles filantes de l’année. Les météores des Orionides étant réputés pour leur luminosité et leur vitesse.»
Une description que confirme Yannick Emery, président de la Société vaudoise d’astronomie. «Les météoroïdes arrivent très vite dans notre atmosphère, à environ 66 kilomètres par seconde. Et ils peuvent générer de magnifiques traînées lumineuses derrière eux, qui durent parfois de nombreuses secondes.»
Jusqu’à vingt par heure
L’autre spécificité des Orionides: au cours de la nuit du 21 au 22 octobre, les étoiles filantes sont particulièrement nombreuses. «Avec un peu de chance, on peut en voir jusqu’à une vingtaine par heure», poursuit Yannick Emery.
La plupart des pluies d’étoiles filantes sont générées par le même phénomène: la traversée d’une orbite de comète par la Terre. Cette poussière de particules laissée par les comètes se renouvelle donc à chaque nouvelle révolution – dans le cas de Halley, tous les 76 ans!
De la taille d’un petit pois
Ou autrement dit: les comètes se désagrègent un peu plus à chaque passage. Toutefois, les particules qu’elles libèrent sont infimes: «La plupart mesurent moins d’un millimètre. Les plus grosses font généralement la taille d’un petit pois. Ce sont celles qui brillent le plus longtemps dans le ciel», souligne Yannick Emery.
Et le spécialiste de préciser que les pluies d’étoiles filantes sont plus intenses lorsque la comète vient de passer. Le prochain passage de la comète de Halley sera visible depuis la Terre en 2061.
Chercher Orion
Le nom Orionides est un dérivé de celui d’Orion, «pour la simple raison qu’il faut regarder en direction de la constellation d’Orion pour admirer ce spectacle», souligne Yannick Emery. Cette constellation très lumineuse, que l’on repère notamment à sa forme de cerf-volant, est particulièrement reconnaissable grâce à son étoile rouge nommée Bételgeuse.
«Si on observe les étoiles filantes vers minuit, il faut chercher Orion vers l’est, bas sur l’horizon. Par contre, à 5h, il faut la chercher du côté sud», note Yannick Emery. Pour les personnes peu habituées à scruter le ciel, il est possible de trouver de l’aide grâce à des applications comme Stellarium ou SkySafari. «Avec cet appui, on est sûr de regarder dans la bonne direction, même si les étoiles filantes peuvent apparaître partout dans le ciel.»
Optimiser ses chances
Pour voir un maximum d’étoiles filantes, Yannick Emery conseille de les observer à partir de 5h le 22 octobre. «C’est idéal car la lune sera couchée et n’interférera donc plus avec la lumière des étoiles.» La meilleure technique pour les apprécier est de s’installer confortablement par terre ou sur une chaise longue et de regarder à l’œil nu le ciel à 180 degrés.
Pas besoin de gravir une montagne, ni de s’équiper: «On n’a presque aucune chance de les voir avec un télescope et quand bien même on en verrait passer une, il y aurait juste un flash.» Autre astuce: s’éloigner des agglomérations et éviter la lumière blanche, notamment celle des smartphones. «Après une exposition à une lumière blanche, il faut environ 20 minutes à notre œil pour s’habituer à l’obscurité.»
Comète de Halley
Les Orionides sont visibles chaque année en octobre, car à cette période, la Terre traverse le courant de poussières laissé sur la trajectoire de la comète de Halley. «Toutes les comètes suivent leur propre orbite. Dans leur révolution, les comètes, qui sont composées de glace et de particules, perdent une partie de leur matière en s’approchant du Soleil. Ces particules qui se détachent ainsi forment comme un flux sur l’anneau orbital de la comète», explique Yannick Emery.
Alors, lorsque la Terre traverse cette orbite, et donc ce gros nuage de particules en mouvement, certaines d’entre elles entrent dans l’atmosphère où elles s’embrasent sous l’effet de la chaleur provoquée par la résistance. Ce sont les étoiles filantes. Petite précision encore: la Terre traverse une seconde fois l’orbite de Halley, en mai. Mais cette pluie d’étoiles filantes est moins visible depuis l’hémisphère nord.

