Mon chien ou mon chat est-il en surpoids? Petit guide pratique

Un tiers de nos animaux de compagnie sont en surpoids. Admettre que son chien ou son chat est trop gros est déjà un défi. L'aider à retrouver la ligne peut s'avérer un véritable casse-tête. Nous avons demandé conseil à des spécialistes.
Oriane Grandjean

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L’obésité ne touche pas que les humains. Nos compagnons sont aussi sujets à cette maladie chronique et les chiffres parlent d’eux-mêmes: «Le surpoids touche environ 30% des chats et des chiens, estime Romain Abos, vétérinaire à la clinique Vetmint à Saint-Légier (VD). Ce taux est stable depuis une quinzaine d’années que j’exerce ce métier.» Certaines études voient même grimper ce taux à 50%.

Si la constatation est inquiétante, c’est que les conséquences peuvent être dramatiques pour l’animal concerné: «Un chat obèse se voit privé d’une année et demie d’espérance de vie, ajoute le vétérinaire. Chez un chien, cela monte jusqu’à 2 ans et demi.» En cause, des problèmes cardiorespiratoires et une baisse de l’immunité, sans oublier une prédisposition à l’arthrose. «Les cas d’arthroses sont plus développés chez des animaux en surpoids», confirme Cindy Douce, ostéopathe à Grandsivaz (FR).

«On doit sentir la taille»

Pour les propriétaires, le premier pas consiste à reconnaître le surpoids de son animal. «On la détecte au regard et au toucher, sauf pour quelques races particulières, comme le bouledogue par exemple, note Romain Abos. En principe, on doit deviner les côtes et les vertèbres de l’animal quand on le caresse.»

Nul besoin d’être professionnel pour évaluer la situation de son animal: une échelle (voir ci-dessous) permet de s’en faire une idée facilement. «On doit sentir la taille de guêpe juste avant les hanches et bien pouvoir palper les deux dernières côtes, complète Cindy Douce. Par ailleurs, le poids est aussi un indicateur, en particulier pour les chats: un chat européen, soit la race la plus répandue sous nos latitudes, ne devrait pas dépasser les 5 à 6 kg.»

Propriétaires peu conscients du problème

Les deux experts se rejoignent sur un autre point: les propriétaires sont rarement conscients du surpoids de leur animal. «Les gens viennent en consultation d’abord pour des démangeaisons, des boiteries, des vomissements ou des diarrhées, mais jamais pour le surpoids, précise le vétérinaire vaudois. C’est toujours un sujet délicat. Certains propriétaires le prennent bien, tandis que d’autres ne veulent pas l’entendre.»

La prise de conscience s’avère plus aisée pour les propriétaires de chiens: «Le regard des autres, lorsqu’on se promène avec son chien, entre en considération, note Cindy Douce. Il y a moins de comparaisons possibles pour un chat d’appartement.» Ce dernier est d’ailleurs sans surprise l’animal le plus durement touché par la problématique de l’obésité, puisque sa dépense énergétique est quasi nulle. Et les spécialistes de rappeler que cette maladie ne touche jamais un animal à l’état sauvage.

Certaines races sont plus touchées

Bien que certaines races soient plus sujettes au surpoids que d’autres – c’est le cas du labrador ou du golden retriever –, ce n’est pas le seul facteur en jeu. «La première cause, c’est l’alimentation, explique Romain Abos. Pour les êtres humains, la nourriture a un côté émotionnel. On reproduit cela en pensant gâter nos animaux. Ce n’est pas le chien qui va au magasin acheter des croquettes et des friandises, c’est nous. Ce sont donc nos choix qui font grossir nos animaux.»

Une fois qu’un propriétaire a admis que son chat ou son chien est en surpoids, c’est donc du côté de l’alimentation qu’il faut trouver une solution pour l’aider. «On ne peut toutefois pas simplement réduire ses rations: l’animal pourrait se retrouver en carence de vitamines. Cela pourrait aussi affecter son caractère, le poussant à aboyer ou miauler en permanence, à se mettre à quémander, à devenir plus nerveux ou même à baver lorsque vous préparez vos repas.»

Quelle stratégie mettre en place

Une stratégie alimentaire adaptée doit être mise en place. «Certains types d’aliments permettent de diminuer l’apport calorique sans réduire les vitamines et en garantissant une sensation de satiété.» Ces croquettes ont toutefois un coût, qui peut constituer un frein. «Cela se paie, reconnaît le Vaudois. Néanmoins, bien nourrir son animal n’est jamais de l’argent perdu.»

L’exercice physique est également déterminant. «Avec les chiens, on préconise d’augmenter les sorties, explique Romain Abos. Pour les chats, on peut essayer de les stimuler avec des jouets ou opter pour des distributeurs de croquettes permettant de fractionner les repas.» Constat identique du côté de l’ostéopathe: «Avant de proposer des traitements spécifiques, comme des séances d’hydrothérapie (lire encadré), je conseille d’abord d’augmenter l’exercice physique. On pèse le chien et on suit l’évolution sur le long terme. Dans de nombreux cas, cela suffit.» La perte de poids reste fastidieuse et lente. Aux propriétaires donc de faire preuve de persévérance.

Du sport dans l'eau

L’hydrothérapie consiste à mettre le chien ou le chat sur un tapis roulant immergé dans l’eau. L’animal est ainsi déchargé de 80% de son poids. Si les chiens sont plutôt coopératifs, les chats doivent d’abord se familiariser progressivement avec l’eau. Certains animaux ne supportent pas plus de cinq minutes de mouvement. Au fil des séances, on augmente la durée, la vitesse du tapis ainsi que son inclinaison pour permettre à l’animal de retrouver de la mobilité et de la musculature.

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