Sur les toits du Pays d'Enhaut, elle aplatit tavillons, bardeaux et idées reçues
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Un coup sec. Puis un deuxième. Un troisième. Dans le calme matinal de Rougemont (VD), le martèlement sur le bois résonne depuis le toit d’une ancienne ferme. À une dizaine de mètres du sol, Laurence Bach est à l’ouvrage depuis 7 heures ce matin. Accroupie sur la pente, elle saisit une planchette de bois d’épicéa, l’aligne, attrape un clou et lève sa martèle. Sept coups plus tard, la pièce est fixée. Elle passe aussitôt à la suivante.
Autour d’elle, le paysage est digne d’une carte postale. Sous le soleil, les sommets se découpent derrière les chalets traditionnels en bois. Sur le toit, pourtant, Laurence n’a guère le temps de lever les yeux. Son regard reste rivé sur les petites planches qu’elle aligne une à une. Le geste, vieux de plusieurs siècles, consiste à recouvrir les toits de «tuiles» en bois superposées pour les protéger de la pluie et de la neige.
Pantalon d’ouvrier et ongles vernis
Tout autour de sa taille, son matériel est à portée de main. Sur sa ceinture en cuir repose une martèle et une caissette en métal remplie de clous. Aux pieds, des chaussures de marche et un pantalon d’ouvrier. Et puis, contraste saisissant: brushing impeccable, ongles vernis de rose et maquillage soigné. Même sur un chantier, la tavillonneuse de 55 ans ne renonce pas à sa féminité. «J’aime bien me préparer le matin, je ne vais pas arrêter de le faire pour être plus prise au sérieux», lance-t-elle avec le sourire avant d’asséner quelques coups supplémentaires.
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