La commune coupe l'eau: comment sauver mon jardin?

Les restrictions d’eau imposées par de nombreuses communes mettent les jardins à rude épreuve. Quelles plantes sauver en priorité? Comment limiter les dégâts sans arrosage? Des spécialistes livrent leurs conseils.
ATS/La rédaction

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Les périodes de canicule qui touchent la Suisse se succèdent cette année, avec la sécheresse qu’elles induisent. Ainsi, de nombreuses communes ont restreint, voire interdit, l’utilisation de l’eau pour entretenir les jardins privés. Une décision qui met à mal des heures de travail. Mieux vaut alors prioriser pour préserver les plantes les plus précieuses.

Quelles sont les alternatives ?

Pour Stéphane Constantin, de la Jardinerie Constantin à Martigny (VS), c’est avant tout en amont que ça se passe. Dès la conception du jardin, il faut intégrer un système d’arrosage, choisir des espèces qui résistent à la sécheresse et au vent. Il existe aussi des semences de gazon qui sont plus résistantes qu’un gazon d’ornement. Ces choix vont limiter l’entretien et l’arrosage.

Les communes devraient également améliorer les infrastructures pour mieux utiliser le système d’irrigation et remplacer l’eau potable. Le mieux est d’avoir un système de récupération des eaux de pluie. Des citernes de 1500 à 2000 litres permettent d’arroser un jardin pendant quelques semaines.

Quelles plantes ont la priorité ?

En cas de grosses restrictions, «il faut aller à l’essentiel et sauver la végétation», explique Stéphane Constantin. La priorité doit être mise sur les arbres et les arbustes, surtout les jeunes arbres de moins de 3 à 5 ans. Ce sont les investissements les plus coûteux à remplacer, souligne-t-il.

Viennent ensuite les plantes en pots, qui sèchent très vite. Puis les vivaces, les rosiers et les fleurs. Il est important de supprimer les fleurs fanées pour que la plante se concentre sur sa survie. La bonne nouvelle toutefois, c’est que, même si elles ont l’air en piteux état, elles se reprennent plutôt bien.

Le potager est généralement la partie la plus sensible, même si l’arrosage y reste souvent autorisé. Il faut alors concentrer les efforts sur les plantes qui produisent encore et cueillir les fruits et légumes rapidement afin de réduire leurs efforts. Le gazon est la dernière des priorités. Même jauni, il n’est pas mort: il entre en dormance et reverdit avec la pluie. «Il est plus facile à récupérer.»

Comment réduire les pertes ?

La première chose est d’avoir un sol avec un taux élevé de matières organiques. «Un sol vivant est résilient et ainsi l’eau est plus facilement disponible pour tout le monde», explique Alexandre Monod de la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (HEPIA). Les sols pauvres en matière organique, plus compacts, moins aérés et poreux permettent moins l’infiltration et la valorisation de l’eau.

Si un arrosage d’urgence est autorisé, mieux vaut arroser en profondeur que de donner de l’eau souvent, mais superficiellement, ajoute Alexandre Monod. Cela va encourager les racines à descendre encore plus bas. «C’est mieux qu’un arrosage au goutte-à-goutte quelques minutes par jour.»

Il est aussi essentiel d’arroser le soir et localement, précise le spécialiste. Les plantes ont ainsi la possibilité de se réhydrater ; elles respirent et rouvrent leurs «stomates» (pores).

Agir sur la vitesse

Sans eau, il n’y a pas de miracle. La plante perd de l’eau par évaporation et par transpiration. On ne peut donc agir que sur la vitesse à laquelle elle en perd.

Un bon plan est d’ajouter des copeaux de bois, des feuilles mortes ou de la paille autour du pied de l’arbre. Cela permet de maintenir l’humidité et réduit fortement l’évaporation du sol. Les oyas marchent également très bien dans les jardins amateurs. Ces pots en terre cuite à enterrer fonctionnent par capillarité. «Ils permettent d’arroser les plantes pendant 4 à 5 jours avec 500 ml», précise Alexandre Monod.

Pour Stéphane Constantin, il faut aussi aérer le sol, capionner au pied de la plante pour éviter que la terre ne durcisse. «Cela lui permet de capter la fraîcheur du matin et l’eau pénètre mieux.» Le gazon ne doit pas être tondu. Il protège ainsi le sol de la sécheresse. «Plus long, il se fait sa propre ombre et tient mieux», ajoute le jardinier.

Bien choisir ses plantes

Le mieux est de bien choisir les plantes qui ornent vos jardins. Certaines espèces sont plus résistantes au chaud que d’autres. C’est le cas des plantes méditerranéennes comme le romarin, la lavande, la sauge ou le thym. Achillea, gaura, nepeta, mauve et échinacée sont également des vivaces qui supportent bien la chaleur. Les ormes et les chênes verts résistent également bien à la chaleur.

Pour Alexandre Monod, certaines plantes trop demandeuses en irrigation disparaîtront des jardins et seront remplacées par des espèces plus adaptées aux nouvelles conditions.

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