Richard Mille sublime le couteau suisse avec les artisans du Jura

Matériaux de haute horlogerie, lame damassée forgée à la main et savoir-faire des entreprises de l'Arc jurassien: cette pièce incarne une nouvelle approche de la création d'objets d'exception en Suisse.
La Rédaction

Partager cet article

© Florian Matte / Ateliers du Jura

Que peut-il bien sortir de la rencontre entre un forgeron jurassien, un fabricant de couteaux suisses et l’une des manufactures horlogères les plus exclusives du monde? Après plus de deux ans de développement dans le plus grand secret, cette alliance pour le moins inhabituelle a donné naissance à un objet unique: un couteau de poche conçu pour Richard Mille, associant des matériaux de pointe utilisés dans ses montres à une lame damassée forgée à la main dans les Franches-Montagnes.

Derrière cette création se cache une ambition qui dépasse largement le simple lancement d’un produit. Dans l’arc jurassien, un territoire façonné depuis des générations par l’horlogerie, la mécanique de précision et l’artisanat, une entreprise entend désormais jouer les entremetteuses entre des savoir-faire qui se côtoient souvent sans réellement collaborer.

Redonner de la valeur à un objet simple

Connue jusqu’ici sous le nom d’Helvetica Brands et pour ses couteaux Swiza, la société de Delémont se rebaptise Ateliers du Jura. Son pari: identifier les meilleures compétences du territoire, les réunir autour d’un projet commun et créer des objets capables de rivaliser avec les standards du luxe tout en restant profondément ancrés dans leur région d’origine.

L’idée est née d’un constat simple. Face à la concurrence internationale et à la pression croissante sur le Swiss Made, la valeur ne réside plus seulement dans la fabrication d’un objet, mais dans l’histoire, les matériaux, le design et les savoir-faire qu’il parvient à réunir. Depuis plusieurs années, l’entreprise explore cette voie en faisant progressivement monter en gamme ses couteaux de poche. Les matériaux issus de l’horlogerie remplacent les composants standards, les finitions se sophistiquent et les collaborations se multiplient.

Lame forgée à Asuel

La démonstration la plus spectaculaire de cette stratégie porte un nom: STRIKING. Remis aux visiteurs de la manufacture Richard Mille aux Breuleux, ce couteau de collection marie quartz TPT, carbone TPT et acier damassé forgé à la main par Marc Grélat, artisan installé à Asuel. Une pièce qui symbolise à elle seule la rencontre entre technologies de pointe et gestes ancestraux.

Mais Ateliers du Jura ne compte pas s’arrêter à la coutellerie. Après les couteaux Swiza, l’entreprise veut désormais appliquer cette même recette à un autre objet emblématique du patrimoine suisse: la Girolle, inventée dans les Franches-Montagnes pour déguster la Tête de Moine. Là encore, l’objectif n’est pas de révolutionner son usage, mais de la faire évoluer en travaillant les matériaux, le design et les procédés de fabrication afin d’en faire un objet encore plus durable et désirable.

Faire évoluer un autre objet du patrimoine

Dans la continuité du travail engagé autour des couteaux Swiza, Ateliers du Jura s’intéressent aujourd’hui à un autre objet emblématique du patrimoine suisse: la Girolle originale. Inventée au début des années 1980 dans les Franches-Montagnes par Nicolas Crevoisier, celle-ci s’est imposée comme la référence pour déguster la Tête de Moine AOP.

Développée par Métafil à Lajoux, elle incarne le savoir-faire industriel de l’Arc jurassien en alliant précision, robustesse et durabilité. En rejoignant Ateliers du Jura, la Girolle originale entame une nouvelle étape de son histoire. L’objectif est de faire évoluer les matériaux, le design et les procédés de fabrication, tout en préservant son usage, son identité et le rituel de dégustation qui ont fait son succès.

Achetez local sur notre boutique

À lire aussi

Accédez à nos contenus 100% faits maison

La sélection de la rédaction

Restez informés grâce à nos newsletters

Icône Boutique Icône Connexion