Le vin du glacier, une tradition séculaire propre au val d'Anniviers
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Chaque année, au printemps, dans la cave pluricentenaire de la maison bourgeoisiale du village de Grimentz, un rituel discret reprend vie: l’encavage du vin du glacier. Dans la pénombre de la pièce au sol de pierre usé par les générations, l’équipe de la Bourgeoisie s’active autour de quatre tonneaux de bois centenaires adossés aux murs épais du bâtiment.
Christian Vouardoux, l’un des cavistes, grimpe à une échelle pour se hisser sur les fûts. Après avoir enlevé le bouchon de bonde, il mesure la quantité de vin évaporée au fil de l’année. Au centre de la pièce, Thomas Salamin, président de la bourgeoisie, consigne soigneusement les volumes dans un tableau.
Une chaîne de tonneaux
Un tuyau, glissé à travers l’ouverture, complète chaque fût au litre près, une opération surveillée à l’aide d’une lampe pour ne pas perdre du précieux liquide. Autrefois réalisé par succion, le remplissage se fait à l’aide d’une machine électrique. Datant respectivement de 1886, 1888, 1934 et 1969, les fûts forment une chaîne où chaque vin en nourrit un autre. Le tonneau de 1886 est ainsi alimenté par celui de 1888, qui reçoit à son tour le contenu du fût de 1934, tandis que le tonneau de 1969 est rempli du vin de l’année, issu de la vallée.
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