La Charte des jardins,un pacte pour le vivant

En s'engageant volontairement, propriétaires et locataires participent à recréer des corridors de vie au cœur des quartiers.
Charline Daujat

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© Sigfredo Haro/Loïc Herin
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À l’heure où les habitats naturels reculent sous l’effet de l’urbanisation, où les haies sauvages, les vieux arbres et les zones de nature entre les zones habitées et agricoles diminuent, la Charte des jardins est née d’un constat simple: chaque jardin, petit ou grand, peut jouer un rôle pour la biodiversité.

Lancée en 2007 avec un projet pilote à Chêne-Bougeries (GE), elle a depuis été relayée par plusieurs communes et groupements d’habitants désireux de préserver la vie sauvage autour de chez eux. En la signant, on adhère à une série de bonnes pratiques faciles à mettre en œuvre au quotidien pour favoriser l’accueil de la faune et de la flore indigènes sur son terrain.

Un engagement moral…

La charte regroupe dix recommandations concrètes, applicables que l’on soit propriétaire d’un vaste jardin ou locataire d’une parcelle modeste. Parmi elles, laisser pousser quelques coins de pelouse en fleurs, favoriser les arbustes sauvages indigènes, créer des abris (tas de branches, feuilles, pierres), ou encore maintenir des passages entre les jardins pour permettre aux petits animaux de circuler librement.

D’autres conseils portent sur la réduction des nuisances: renoncer aux herbicides et pesticides, limiter l’éclairage nocturne qui perturbe la faune, éviter les plantes exotiques envahissantes, ou encore équiper son chat d’une clochette afin de protéger les oiseaux. L’idée est d’adapter progressivement ces pratiques selon ses possibilités, sans prescription contraignante, mais avec une réelle attention portée aux besoins du vivant autour de soi.

En s’engageant, chacun devient acteur d’un réseau plus vaste: un bouquet d’espaces verts connectés où la biodiversité peut se développer. Une commune peut soutenir la charte en la diffusant via son service d’urbanisme ou lors de changements de propriétaire, en fournissant les emblèmes, ou encore en intégrant ces principes dans des projets collectifs de verdissement. À l’échelle d’un quartier, la multiplication des jardins engagés crée des corridors précieux pour la petite faune, souvent fragilisée par la fragmentation des habitats.

… qui se partage

Les signataires peuvent afficher l’emblème de la charte à l’entrée de leur jardin, visible des voisins et des passants, comme symbole concret de leur engagement. Mais au-delà de la plaque, c’est surtout la discussion qu’elle suscite qui fait avancer les choses. Autour d’un café entre voisins, lors d’une assemblée de quartier ou simplement au détour d’une haie, expliquer sa démarche et partager son expérience peut éveiller la curiosité et donner envie d’essayer.

Peu à peu, de jardin en jardin, se dessine un réseau d’espaces favorables à la petite faune. Et ce qui relevait d’un choix individuel prend une dimension collective. Une invitation simple à agir, ensemble, pour que la biodiversité retrouve sa place jusque derrière nos portails.

Les conseils de Charline Daujat

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Garder les graines au frais

Les semences sont fragiles: chaleur, humidité et lumière réduisent rapidement leur capacité à germer. Pour préserver leur vitalité, conservez vos sachets de semences ou vos graines récoltées dans un endroit frais, sec et sombre. Une boîte hermétique dans un placard frais du jardin suffit souvent. Bien stockées, les graines conservent un taux de germination optimal plus longtemps et peuvent germer après plusieurs années.

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Canards au jardin

Précieux alliés du potager, car gourmands de limaces, d’escargots et de certains insectes, ils contribuent naturellement à réguler les ravageurs. Leur présence favorise également la fertilisation et l’aération du sol grâce à leurs fientes et déplacements. De plus, les femelles pondent des œufs, savoureux et nutritifs. Il est essentiel de prévoir suffisamment d’eau pour que les canards puissent se désaltérer, se nettoyer et rincer leur bec.

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Chardon Marie

Il se repère facilement grâce à sa rosette de feuilles épineuses vert foncé, soulignées de bandes blanches très décoratives. Cette plante peut surgir spontanément au jardin, mais se cultive tout aussi bien dans un coin ensoleillé et un sol bien drainé. Plante médicinale réputée, elle est surtout connue pour soutenir le foie et la digestion. Ses fleurs attirent aussi de nombreux insectes, contribuant à la biodiversité du jardin.

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