Le départ des pelotes géantes
En ce vendredi matin, il règne une agitation particulière sur le parking de Landi, à Collombey (VS). Une file de véhicules progresse au rythme où les éleveurs déchargent leur laine, contenue dans d’imposants ballots. Au milieu de la place, une balance sur laquelle sont pesés les grands sacs avant d’être répartis en deux tas. D’un côté la laine blanche, de l’autre la laine mélangée. La première sera payée un franc le kilo, la seconde 40 centimes.
Grondement des moteurs, éclats de voix, vrombissement de la presse à balles rondes qui avale, mètre par mètre, les longs andains de laine étalée sur le goudron. Elle partira pour être lavée à l’étranger, puis reviendra au pays pour garnir matelas et duvets, composer des toiles de paillage ou des panneaux d’isolation.
L’épicentre de ce ballet est une simple table en bois pliante sur laquelle trône une caisse. Sans cesse en mouvement, Niklaus Sägesser y pioche quelques billets qu’il tend à chaque éleveur à l’issue de la pesée. Les sommes sont modestes, mais pour les paysans, ce n’est pas le plus important: «Jusqu’il y a une quinzaine d’années, nous devions amener notre laine à l’usine d’incinération, note Evelyne Scherer, éleveuse de Val-d’Illiez (VS). On devait en plus payer pour son élimination. C’est génial de savoir que cette laine sera utilisée.»
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De longs andains de laine, triée par couleur, sont disposés sur l’esplanade goudronnée du parking.
L’association des éleveurs ovins et caprins du Valais romand organise depuis 2010 cette journée de collecte centralisée. La matière brute est livrée par une quarantaine d’éleveurs en provenance de tout le canton.
Habituellement utilisée pour la paille, une presse à balles rondes constitue également un outil efficace pour empaqueter la laine.
Les éleveurs tondent leurs brebis pour assurer leur bien-être au moment de les rentrer à l’étable pour les mises bas, dans le courant de l’hiver.
Celui qui achète la laine, c’est lui: Niklaus Sägesser, patron de l’entreprise bernoise Fisolan. Pour assurer la qualité de sa matière première, il est intervenu en amont lors d’une assemblée pour partager des astuces en matière de tonte.
Les balles rondes de laine partiront en camion pour la Suisse alémanique. Quelques heures plus tard, elles quitteront le pays en train, direction l’étape du lavage.
