«Aujourd'hui, les vignerons helvétiques sont entre le marteau et l'enclume»
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Cuves pleines, manque de liquidités, déclassement de vins… En quoi la situation actuelle est-elle exceptionnelle?
Ce qui est exceptionnel, c’est le recul de la consommation des vins suisses de 16% entre 2023 et 2024 annoncé par l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG), fin avril. D’autant que la situation est moins grave pour les vins importés, dont la consommation n’aurait diminué que de 2,7%. On le sait, on boit chaque année moins de vin, et pas seulement à l’échelle nationale. Mais cette différence entre vins suisses et étrangers montre qu’en plus de cette tendance, nous perdons des parts de marché.
Les vignerons craignent surtout la concurrence étrangère. Est-ce justifié?
Oui, parce que dans les faits, le contingent de 170 millions de litres par an, fixé en 2001, n’a jamais été atteint. Ajoutez-y un tourisme d’achat qui passe largement sous les radars ou la signature de l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur et vous obtenez tous les ingrédients d’une situation compliquée. On exige toujours plus d’efforts des vignerons suisses en matière de normes de production, mais on ne peut pas leur demander d’être plus royalistes que le roi. Subventionner l’arrachage de vignes alors qu’en même temps on importe du vin à bas coût, c’est difficile à entendre pour un producteur qui craint la faillite.
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