Au Pays-d'Enhaut, l'artiste cisèle ses émotions dans le papier
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Dans le chaleureux salon, sous un plafond en bois, des silhouettes d’oiseaux côtoient des lanternes et des bougies, nichées entre les livres d’une immense bibliothèque. Partout aux murs, des cadres de toutes tailles exposent des scènes complexes et minutieuses, découpées d’un seul tenant dans un papier couleur charbon.
Posée sur sa chaise, une main sur sa planche à dessin, Marianne Dubuis contemple la vue qu’elle a depuis sa fenêtre. Loin au-dessus du village, la Gummfluh domine une mer de sapins et de feuillus dorés par l’automne. Ses flancs nord plongent à pic, sculptés dans un calcaire pâle qui contraste avec le vert encore vif des pâturages. À ses côtés, le Rocher Plat s’élance à la recherche de l’azur, formant une brèche avec sa voisine.
Un besoin de création
Les yeux fixés sur l’horizon, la créatrice se livre: «La nature, c’est mon ancrage, c’est mon air. Il m’est impossible de vivre sans. Je peux rester des heures à écouter le murmure d’un lac, ou le souffle du vent dans les feuilles des arbres. C’est ce qui transparaît le plus dans mes dessins; cet élan de vie qu’elle me donne.» Le découpage, c’est le fil rouge de son existence. Depuis quarante-six ans, l’autodidacte s’assied tous les jours – ou presque – à son bureau, le temps de quelques minutes ou de quelques heures.
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