À Longirod, le pavot s'épanouit dans un décor de carte postale
Au milieu d’un parterre coloré, Victor Bovy observe l’éclosion de fleurs rosées aux pétales soyeux et délicats qui dominent, le temps de quelques jours, un paysage jurassien digne d’une carte postale. Bientôt, elles donneront naissance à des graines lilliputiennes, à la robe noire, blanche, beige ou bleutée, et au goût reconnaissable. L’agriculteur de Longirod (VD) sourit: la saveur du pavot lui rappelle les cakes de son enfance.
Proche cousin du flamboyant coquelicot, le pavot somnifère (Papaver somniferum ssp.) est cultivé en Suisse depuis le néolithique moyen. Ses capsules, lorsqu’elles sont incisées, produisent un latex laiteux qui contient une quarantaine d’alcaloïdes, comme la papavérine, la codéine, la noscapine ou encore la morphine, molécule antalgique largement utilisée dans le monde médical. Ce latex fournit également la matière première pour la fabrication d’opium.
Production de niche
Plante potagère, le pavot se cultivait autrefois comme un légume dans certaines régions de Suisse. Oléagineux apprécié pour ses précieux apports nutritionnels, on le retrouvait aux tables familiales en accompagnement du pain ou de la salade, surtout dans l’entre-deux-guerres. «Ma grand-mère me racontait qu’enfant, elle allait le récolter au bord des champs; ce végétal était alors commun. Elle incisait le bulbe et léchait la substance», raconte Victor Bovy.
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