Ses appâts trompent les poissons du Jura
La saison de pêche est ouverte depuis un mois et demi, pour le plus grand plaisir de Régis Perrot. Chaque jour, cet habitant de La Chaux-des-Breuleux (JU) fabrique une dizaine d’appâts pour la pêche à la mouche, soit des insectes «artificiels» pour tromper les poissons. «J’ai commencé à l’âge de treize ans, car peu de boutiques en vendaient dans mon village, raconte le Français originaire du Doubs. En plus, ceux que l’on trouvait étaient souvent importés, et ne ressemblaient pas forcément à la faune locale.»
Pour mettre au point ses leurres, l’artisan observe attentivement les insectes dont s’alimentent les poissons, afin de reproduire leur forme et leur couleur. «En début de saison, ils mangent plutôt les larves qui sont sous l’eau. Puis, quand les températures augmentent, ils gobent des adultes en surface», explique-t-il. Ainsi, le spécialiste fabrique des appâts de tailles variées, plus ou moins lestés, qu’il alterne suivant les périodes de l’année et les écosystèmes de chaque rivière.
Grâce à des gestes minutieux, cet ouvrier dans l’horlogerie réalise une mouche toutes les deux minutes, en utilisant des plumes de coq ou de canard, ainsi que des poils de lièvre et de chevreuil. «Avec ces matériaux naturels, le rendu est plus vivant, donc plus réaliste», assure celui ne souhaite pas vendre ses créations. «Je les donne parfois à d’autres pêcheurs en fin de saison. Je veux que ça reste une passion.»
Ce boucher de formation, également photographe animalier amateur, travaille souvent de nuit, sur un étau de montage de mouche.
Quelques grammes différencient parfois deux modèles. Une mouche de qualité peut se conserver plusieurs années.
Il s’agit ici d’une imitation de larve, destinée à attraper une truite ou un ombre sous l’eau.
L’artisan utilise du fil de montage plus ou moins épais, ainsi que des ciseaux, des aiguilles et des billes de laiton, pour parvenir au résultat souhaité.
Ce travail est particulièrement minutieux et technique. Tous les pêcheurs ne fabriquent pas leurs propres mouches.
Plusieurs centaines de pièces sont stockées chez le quinquagénaire, dont des insectes «artificiels» de la famille des trichoptères ou des éphémères, comme la mouche de mai.




