La militante qui défend le vivant, sur les pavés comme dans les champs
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«J’ai peur que la crise climatique déclenche la guerre et la violence.» Tel était le slogan inscrit sur la pancarte de Marion Näder Brahier, le 8 mai 2021. Ce jour-là, cette membre du mouvement écologiste Extinction Rebellion (XR) s’était assise pendant une demi-heure dans une rue de Delémont (JU), entravant partiellement la circulation, ce qui lui avait valu une condamnation pour «contrainte».
Fraîchement acquittée en appel après quatre ans de combat judiciaire, deux audiences et des heures de paperasse, l’agricultrice nous reçoit sur son domaine, soulagée. «Je ne supportais pas d’être accusée d’une telle infraction, car j’ai toujours été non violente. Pour moi, c’était un jugement purement politique. J’aurais été prête à aller jusqu’à la Cour européenne des droits de l’Homme, car je ne peux pas assister à la destruction de notre planète sans agir», lance-t-elle en préparant une confiture de cassis.
Vivre hors des radars
Car celle qui veut être paysanne depuis l’âge de douze ans préfère largement cueillir des petits fruits que fréquenter les tribunaux. D’origine zurichoise, elle a grandi en ville avec un père employé dans une compagnie d’aviation et une mère au foyer, mais a toujours préféré la campagne. «J’adorais l’odeur des écuries et les promenades en forêt. C’est peut-être bizarre, mais je sentais que j’étais née pour protéger la nature», déclare-t-elle en nous proposant un café sous le rosier.
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