«La découverte d'exoplanètes a ouvert tout un champ des possibles»
Il y a trente ans, vous avez découvert avec Didier Queloz la première exoplanète, soit une planète qui n’appartient pas à notre système solaire et qui tourne autour de sa propre étoile. Qu’est-ce que cette découverte a changé?
Notre connaissance technique des exoplanètes, car l’objet que nous avions trouvé était totalement inattendu en matière de paramètres. Jusque-là, la théorie disait que ce genre de planète avait des périodes orbitales d’au moins dix ans. Or 51 Pegasi b, notre exoplanète, fait le tour de la sienne en un peu plus de quatre jours. On était si étonnés, que, pour être vraiment sûrs, on a retardé l’annonce d’une année. Depuis, les observations ont révélé qu’une grande partie des planètes sont très proches de leur étoile, plus par exemple que Mercure ne l’est du Soleil. Ensuite, cette découverte a eu une importance majeure sur l’évolution des idées.
C’est-à-dire?
Les philosophes grecs déjà se demandaient s’il existait d’autres mondes dans l’univers, pour reprendre la terminologie antique. La question a continué d’être débattue durant les deux derniers millénaires. Et soudain, la science a la technologie nécessaire pour découvrir ces autres planètes. Depuis 51 Pegasi b, plus de 6000 exoplanètes ont été découvertes grâce au lancement de plusieurs satellites et de nombreux télescopes au sol.
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