Sans eux, il n'y aurait pas d'agriculture
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La majorité sont des saisonniers venant prêter main-forte pour la récolte des fruits, notamment en Valais, pendant les vendanges, ainsi que dans le maraîchage, par exemple dans le Seeland.
«Ils viennent majoritairement de Roumanie et de Pologne, grâce à des réseaux qui fonctionnent avec le bouche-à-oreille. Il y a trente ans, c’était plutôt du Portugal, de l’Espagne et de l’Italie. C’est moins le cas aujourd’hui, probablement car la situation économique de ces pays est plus favorable», expose Florence Testorelli, qui effectue son doctorat sur le personnel saisonnier à l’Institut de géographie et durabilité de l’Université de Lausanne.
Conditions de travail variables
Mais, outre ces informations générales, cette catégorie de population est très peu documentée. «Je dirais même qu’elle est invisibilisée. On ne sait pas ses conditions de travail, comment elle est logée, la durée de ses contrats… Cela dépend beaucoup des exploitations qui l’emploient.» Pour faciliter la venue des saisonniers, certains agriculteurs les logent à la ferme ou louent des appartements dans la région.
D’autres collaborent avec des exploitations voisines pour leur assurer au moins six mois de travail consécutifs sur des cultures différentes. «Cette hétérogénéité peut induire des situations précaires. Il faut lever le voile sur cette opacité, car cette main-d’œuvre est essentielle pour faire tourner notre agriculture», conclut la spécialiste.
En chiffres
145 628: c’est le nombre de personnes qui travaillaient dans l’agriculture en Suisse en 2025, contre 337 018 en 1975.
64 402: le nombre de personnes à temps complet (75% et plus) en 2025, soit presque deux fois moins qu’il y a trente ans.
13%: la proportion de personnel étranger, souvent saisonnier, parmi la main-d’œuvre agricole du pays.
