Nuits blanches
Dans la plaine de l’Orbe, des limitations ont été décrétées pour les cours d’eau à faible débit depuis quelques jours. La ferme du Talent envisage de pomper l’eau de la nappe phréatique. «L’agriculture c’est un peu le défi, on doit jouer avec cette météo un peu capricieuse», raconte-t-il. A Büchslen (Buchillon, FR), près de Morat, le maraîcher Thomas Lehmann enchaîne les nuits blanches. «Nous arrosons la nuit, tant qu’il y a encore de l’eau, confie-t-il. Si l’eau venait à manquer, il ne servirait plus à rien de cultiver quoi que ce soit.»
Pendant la journée, l’irrigation est difficile à cause du vent et le soir, tout le monde veut arroser en même temps, continue l’agriculteur. Il tire l’eau pour ses cultures maraîchères d’une coopérative des eaux que ses parents avaient autrefois créée. Lui et d’autres collègues peuvent ainsi acheminer l’eau du lac de Morat et de la Broye vers un grand bassin qui alimente directement les champs par des canalisations souterraines. Cela devrait suffire à surmonter les canicules. Mais ailleurs, le prélèvement d’eau dans les cours d’eau a déjà été restreint, voire interdit, comme dans les cantons de Lucerne et de St-Gall.
La serre, une véritable aubaine
Tout le monde n’est cependant pas logé à la même enseigne. A l’image de Claude Janin, maraîcher à Perly (GE), pour qui cette semaine de canicule se résume «à une semaine et demie d’été un peu chaude à gérer.» Ses propos qui tranchent avec ceux des agriculteurs s’expliquent par le mode de production qu’il a choisi.
Toutes ses cultures maraîchères sont sous serres. L’arrosage est certes un petit peu plus intense que d’habitude, mais l’hygrométrie qui règne dans les grandes serres est comparable à une forêt vierge. «Des conditions optimales pour les tomates, les aubergines et les melons», témoigne Claude Janin.
En pleine terre, c’est dur
Les tunnels qui abritent les productions de fraises et de persil souffrent en revanche un peu plus du chaud, «du fait d’une végétation moins foisonnante et d’un taux d’humidité plus bas», poursuit le chef d’entreprise. En revanche, les conditions pour les cultures maraîchères en pleine terre sont très difficiles. «C’est de la survie», résume-t-il en parlant de la situation d’un collègue.
Lui-même a abandonné cette production il y a trois ans déjà en raison des aléas de la météo. Son exploitation, d’une trentaine d’employés, se déploie désormais sur trois hectares de grandes serres et 1 hectare de tunnel, à côté de 25 hectares pour le blé, l’orge, le maïs et les tournesols.
