Le prix du diesel pourrait battre de nouveaux records
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Le directeur général de Migrol, distributeur de carburants du géant orange, Andreas Flütsch anticipe une envolée des prix du diesel à un niveau record, alors que les Houthis ont pris le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb en mer Rouge, menaçant le transport maritime par cette voie stratégique tandis que celui d’Ormuz est quasiment bloqué par les Iraniens. A la guerre au Moyen-Orient s’ajoute le faible niveau du Rhin.
En raison des combats au Yémen, «nous avons dû augmenter hier de 8 centimes le prix du diesel et de 5 centimes celui de l’essence», a détaillé mercredi le patron de Migrol à l’agence AWP. Dans ses stations, le tarif du diesel se situe désormais à 2,40 francs le litre et à 2,10 francs pour l’essence sans plomb 95. D’autres stations à Zurich affichent néanmoins des prix inférieurs, le litre de diesel étant affiché à 2,33 francs.
Proche du printemps 2022
Le diesel se rapproche ainsi des plus hauts niveaux atteints au printemps 2022, après l’invasion russe de l’Ukraine. Le litre de ce carburant avait alors grimpé à 2,40 francs, tandis que celui du sans plomb 95 avait bondi à 2,31 francs.
Selon le dirigeant de Migrol, la Suisse ne subit pas de pénurie, mais fait face à plusieurs difficultés. Le Rhin, par lequel transitent une grande partie des produits raffinés vendus dans la Confédération, est au plus bas, malgré les récentes pluies. En temps normal, les navires transportent 2500 tonnes sur cette voie fluviale, mais actuellement, le fret est limité à 400 tonnes.
L’unique raffinerie de Suisse, à Cressier dans le canton de Neuchâtel, a été à l’arrêt pendant deux semaines suite à des travaux de maintenance. Selon l’exploitant Varopreem, elle a repris son activité. En raison de ces difficultés, la Confédération a récemment libéré respectivement 30’000 mètres cube de diesel et d’essence des réserves stratégiques.
Pas de recul de la demande
Malgré l’envolée des prix, Migrol n’a pas constaté un recul de la demande en station-service. Le demande de mazout s’est par contre contractée depuis l’éclatement fin février de la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran et en raison des températures élevées. Les commandes de fioul ont repris depuis la fin de l’été, mais à un faible niveau, a constaté Andreas Flütsch.
Concernant l’activité historique de Migrol, centrée sur les carburants, cette dernière devra évoluer même si le parc automobile est encore constitué à 95% de moteurs à combustion.
Si les véhicules électriques n’affichent pour l’heure qu’une part de 5%, ils gagnent continuellement en part de marché, selon le responsable. Migrol vient donc de mettre en service sa 1000e station de recharge électrique et prévoit d’augmenter ce chiffre à 1250 d’ici la fin de l’année. En 2029, il devrait en exister 2000.
