Vignoble de Lavaux: une biodiversité riche, mais fragile

Lézards verts, torcols fourmiliers ou fleurs rares: le vignoble classé à l’UNESCO abrite une riche biodiversité. Une étude souligne toutefois l’urgence de mieux protéger ces espèces, menacées par l’isolement de leurs habitats.
ATS/La rédaction
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« On est déçu en bien », résume pour Keystone-ATS le biologiste Raymond Delarze, qui a réalisé l’étude avec son équipe du bureau d’études biologiques BEB à Aigle. C’est la fondation d’utilité publique Bovard, à Cully, qui a commandé cette étude indépendante, intitulée « Lavaux Nature Vivante ». Constituée en 2016, la fondation a pour vocation la sauvegarde et la mise en valeur de Lavaux.

Le travail d’observation, de prospection, de recensement et de compilation a été mené entre 2021 et 2022, puis complété en 2025. Au total, 21 secteurs de 15 hectares environ ont été prospectés. Dans chaque secteur, un parcours de référence de 1000 à 1100 mètres a été fixé. « Notre travail a couvert la moitié de toute la surface de Lavaux, soit un échantillonnage représentatif », assure M. Delarze.

Espèces emblématiques

Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, le vignoble accueille un nombre important d’espèces floristiques et faunistiques, dont certaines sont protégées au niveau national. Le secteur compte 648 espèces de plantes à fleurs et de fougères, quinze d’oiseaux nicheurs, cinq de reptiles, 25 de sauterelles et criquets ainsi que 56 de mollusques.

Parmi les espèces emblématiques: le lézard vert, le torcol fourmilier et le bruant zizi pour la faune, le cétérach des officines, le mouron bleu, le muflier sauvage, le bugle jaune et le souci sauvage pour la flore. La diversité végétale tire parti de l’exposition parfaite, de l’influence bénéfique du lac et des microclimats abrités.

La richesse botanique du vignoble n’est cependant pas uniforme. Elle peut varier du simple au double, selon l’étude. Le secteur du Clos des Moines recense par exemple 132 espèces, alors qu’à St-Saphorin, on en dénombre 247.

Pas de disparitions mais des raréfactions

« D’un côté, les conclusions sont positives et encourageantes. La biodiversité est plutôt riche dans le périmètre de Lavaux. Elle n’est pas en régression. On n’a pas découvert de disparition d’espèces, mais des raréfactions », explique M. Delarze. « La biodiversité se concentre hors des parchets de vignes cultivés ».

« Si la situation est donc tout sauf dramatique, d’un autre côté, elle n’est pas satisfaisante. Car le bémol, c’est que la population de certaines espèces est très faible et donc très fragile. Ce qui n’est pas idéal pour garantir le cycle de reproduction et la survie à très long terme », poursuit le spécialiste.

L’étude montre en effet que la majorité des espèces rares et menacées dépendent des petits biotopes interstitiels disséminés au sein du vignoble: barres rocheuses, berges de petits cours d’eau, talus herbeux, buissons isolés, friches. Les vignes elles-mêmes sont, en général, pauvres voire très pauvres.

Moment-clé

Si la biodiversité de Lavaux n’a donc pas connu de pertes faunistiques et floristiques massives à une époque récente, elle doit néanmoins absolument être protégée, en particulier par « des actions concrètes de conservation » de la flore et de la faune.

« Nous sommes à un moment important pour prendre les bonnes décisions pour le futur. La priorité est au renforcement et à la consolidation de la biodiversité », relève M. Delarze.

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