Trois cents Genevois reçoivent un budget mensuel pour mieux se nourrir

Trois mois après son lancement, la Caisse genevoise de l'alimentation est un succès. Chaque adulte cotise selon ses moyens et bénéficie de 150 francs pour acheter de la nourriture saine et locale. Ce système intéresse d'autres villes suisses.
Lila Erard

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Les membres reçoivent bénéficient d'un crédit numérique, Le Radis. Ces derniers peuvent être utilisés via une application dans seize points de vente.
© Eric Roset

À laquelle de ces situations vous identifiez-vous? «Par manque d’argent, je ne mange pas à ma faim.» «Si j’avais davantage de moyens, je choisirais plus souvent des aliments qui correspondent à mes valeurs.» «Je dispose de moyens qui permettent de jouir d’un budget alimentaire sans limite.» Voici la question à laquelle il faut répondre lors de l’inscription à la Caisse genevoise de l’alimentation (Calim), un système de mutualisation financière facilitant l’accès à une nourriture saine issue de circuits courts. En fonction de la réponse, chaque membre paie une cotisation allant de 20 à plus de 200 francs par mois.

En retour, chacun reçoit un montant mensuel fixe, de 150 francs par adulte et de 75 francs pour les moins de 14 ans. «Cela couvre environ la moitié du budget alimentaire d’un ménage. L’idée est d’instaurer un système de redistribution équitable, où les personnes participent selon leurs moyens, sans devoir fournir de justificatif. Les personnes favorisées cotisent davantage qu’elles ne reçoivent, et inversement pour les plus précarisées», relève Léa Winter, membre de la coordination

Toucher un large public

Trois mois après son lancement par six organisations, dont le Mouvement pour une agriculture paysanne et citoyenne, FIAN Suisse et la Filière alimentaire des Vergers, l’initiative tient ses promesses, avec plus de 300 membres. La cotisation moyenne est de 97 francs par personne. Environ 18% des membres donnent davantage qu’ils ne reçoivent et 66% bénéficient d’un coup de pouce. Parmi cette dernière tranche, on estime que 41 personnes sont en situation de précarité. «Le projet touche celles et ceux qui en ont le plus besoin et dépasse le cercle des initiés à l’alimentation durable. Cet élan solidaire va au-delà de nos espérances!» Au total, 65% des versements sont couverts par les cotisations. Le reste est comblé par les subventions publiques des Villes de Meyrin et de Genève.

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