L'absinthe, une boisson trouble qui célèbre vingt ans de lumière retrouvée
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Une fontaine à absinthe géante installée sur l’esplanade du château de Neuchâtel et des verres au contenu trouble dans toutes les mains. Il n’y a encore pas si longtemps, cette scène aurait été inimaginable. «À ce jour, l’absinthe reste le seul alcool au monde à avoir été interdit, rappelle Philippe Martin, producteur et président de l’interprofession de l’absinthe. On a fait d’elle un bouc émissaire.»
De 1910 à 2005 en effet, il était interdit de fabriquer et de consommer ce breuvage, considéré comme néfaste pour ses effets euphorisants et hallucinogènes. Cette décision, prise pour des raisons de santé publique, avait alors été ressentie comme une injustice dans la région qui l’a vue naître et qu’elle faisait vivre, le Val-de-Travers.
Apparition de l’absinthisme
Créée à Couvet (NE) en 1798, cette boisson a une histoire unique et révélatrice d’une époque. Dans les campagnes, l’absinthe coulait à flots. Elle remplaçait l’eau souvent insalubre et s’est rapidement imposée, les clients la préférant au vin ou aux eaux-de-vie de fruit. Cela a attisé de nombreuses jalousies et créé de réels problèmes de société. «Au XIXe siècle, en plein exode rural, la consommation d’alcool de la population est devenue un enjeu d’hygiène publique. Elle a engendré une baisse de la natalité en France notamment, rappelle Raphaël Gasser, directeur de la Maison de l’absinthe de Môtier. En 1850, le terme d’alcoolisme n’existait pas encore. On parlait alors d’absinthisme.»
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