Durant l'avent, des milliers d'hosties font vivre les couvents
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«Tu es béni, Seigneur, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes.» Tous les matins, à 7h45, la scène se répète au monastère de Montorge, en Basse-Ville de Fribourg. Alors qu’il récite la prière de consécration, le prêtre élève au-dessus de sa tête une rondelle mince de couleur beige, la rompt, puis en distribue aux fidèles pour «manger le corps du Christ», conformément au rite de la communion.
Une messe 100% locale, puisque les six sœurs agenouillées sur le banc en bois habitent sur place et confectionnent elles-mêmes leurs hosties. «Nous le faisons depuis plus de cinquante ans. Avant, on utilisait un fer individuel, comme pour les bricelets. C’était beaucoup plus long. Aujourd’hui, la production s’est mécanisée», raconte Sœur Laetitia-Catherine, la supérieure, en nous guidant dans les dédales de l’édifice construit en 1626.
Répétitif et méditatif
Une odeur de biscuit chaud nous conduit jusqu’à un petit local donnant sur le jardin. Ici, près de 18 000 pièces sont produites chaque semaine, en particulier pendant la période de l’avent. Chargée de cette tâche, Sœur Marie-Vérène, 83 ans, découpe des ronds de différents diamètres, grâce à une machine ornée d’une image de Saint Joseph. «C’est une tâche répétitive qui libère l’esprit. J’aime penser aux personnes qui pourront se recueillir grâce à notre travail», déclare-t-elle aux côtés de sa collègue, qui s’occupe, elle, de trier les pièces abîmées.
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