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Reportage
Seul sport canin d’équipe, le flyball exige tactique, vitesse et précision

Méconnue en Suisse, cette discipline mêle parcours d’obstacles et course de relais. Elle favorise en outre la complicité entre le maître et son chien, dans un esprit ludique.

Seul sport canin d’équipe, le flyball exige tactique, vitesse et précision

Sauter quatre haies à fond de train, attraper une balle et la ramener tout aussi rapidement à son maître en effectuant un virage serré: le flyball, littéralement balle volante, se court à un rythme effréné! Se déroulant sous la forme d’un relais entre quatre chiens, cette discipline canine est la seule à se pratiquer en équipe. Dès que le premier concurrent a franchi la ligne d’arrivée, le suivant s’élance et ainsi de suite. L’équipe victorieuse est celle qui a ramené toutes les balles dans le temps le plus court.

Si ce sport est répandu dans les pays voisins, les clubs qui proposent cette activité en Suisse sont rares. À Aigle (VD), le Hot Dog’s Chablais a formé depuis une année un team baptisé Swiss Fly One. L’objectif était de concourir aux Championnats du monde 2020, mais la pandémie de coronavirus a eu raison de cette compétition, repoussée à 2021.

«L’esprit d’équipe me séduit tout particulièrement dans cette discipline, explique Sandra Cherix, de Bex (VD). Il faut composer avec les différents tempéraments canins et humains, ainsi qu’avec les forces et faiblesses de chacun.» Le chien doit néanmoins avoir une certaine indépendance, car il effectue seul l’aller-retour sur les haies. À mi-chemin, il déclenche lui-même le lancement de la balle en tapant avec ses pattes avant sur un mécanisme. Les plus réactifs actionnent la catapulte tout en se retournant dans un seul mouvement, gagnant ainsi un temps précieux.

Ne pas lâcher la balle
Si le flyball semble simple en apparence, sa complexité ne doit pas être sous-estimée. De la rigueur, une coordination sans faute et une bonne tactique sont garants de bons résultats. «Le faux départ est une erreur fréquente, observe Frédéric Gaudard, membre de l’équipe Swiss Fly One. Si un chien franchit la ligne de départ avant le retour de son coéquipier précédent, la course se poursuit, mais le chien fautif devra répéter son passage à la fin du relais. Cela induit des pénalités de temps.» De même, un chien qui lâche la balle ou ne franchit pas tous les obstacles est également sanctionné par un deuxième passage. Afin de gagner en rapidité, l’objectif est qu’il franchisse la ligne de départ exactement au retour de son coéquipier. Pour y parvenir, chacun a sa technique, certains maîtres prenant plus ou moins d’élan pour envoyer leur animal sur les haies. «Pour être performant, il faut trouver le bon équilibre entre la rapidité du chien et sa régularité à ne pas commettre de fautes», souligne Sandra Cherix.

Le plaisir avant tout
Tous les chiens en bonne santé peuvent pratiquer le flyball, quelles que soient leur taille et leur race. Ils ont là l’occasion de se dépenser! Un seul impératif: aimer courir, attraper des balles et les rapporter à son maître. La hauteur des haies est définie par la taille du plus petit d’entre eux. «Dans notre équipe, nous avons aussi bien un jack russel qu’un berger blanc suisse, note Sandra Cherix. Ma chienne est une croisée labrador, sans race définie. Elle n’est pas aussi rapide que certains, mais elle est très régulière, lâchant rarement la balle.»

Si le but est de s’amuser, le flyball a néanmoins un rôle éducatif non négligeable. Il permet notamment une bonne socialisation du chien, qui doit tolérer la proximité avec ses congénères. «Ils sont amenés à se croiser de près. Contrairement à la majorité des disciplines où les chiens sont seuls sur le terrain, en flyball, ceux-ci se côtoient de manière rapprochée, relève Frédéric Gaudard. Ils doivent apprendre à s’ignorer pour se concentrer sur leur parcours.» Comme le propriétaire ne doit pas lui-même courir, cette discipline est plus facilement accessible aux personnes moins sportives, contrairement à l’agility. «L’ambiance électrique qui règne en compétition, tout le monde s’encourageant, renforce la motivation de chacun, canidé comme être humain, à donner le meilleur de lui-même», s’enthousiasme Sandra Cherix.

+ D’infos www.facebook.com/swissflyone

Texte(s): Véronique Curchod
Photo(s): DR

En chiffres

Le flyball, c’est…

  • 1970: année de sa création aux États-Unis.
  • 2 équipes constituées de 4 paires maîtres-chiens.
  • 2 lignes de parcours parallèles, comprenant chacune 4 haies entre 17,5 et 34 cm.
  • 3 mètres minimum entre les obstacles.
  • 30 mètres de piste, séparée en zone de lancement et zone d’obstacles.
  • 5 manches par tournoi, entrecoupées de pauses de 30 minutes à 1 heure.
  • Moins de 4 secondes l’aller-retour pour les meilleurs.

Questions à...

Christian Zingg, responsable de la formation au sein de la Fédération romande de cynologie

Comment les sports canins ont-ils évolué ces dernières années?
On assiste à une multiplication des disciplines proposées, que cela soit le flyball, le frisbee ou le dog dancing, pour ne citer qu’elles. Toutes ont pour similitudes d’avoir un côté ludique très marqué et d’être pour la majorité facilement praticables chez soi. Contrairement aux sports plus anciens, comme le mordant ou l’obédience, qui étaient axés sur une obéissance assez stricte du chien, elles permettent avant tout au propriétaire de partager un moment de complicité avec son animal.

Quels conseils donneriez-vous au propriétaire qui peine à choisir parmi la diversité d’offres?
L’important est de tester un maximum de sports canins, afin de voir ce qui plaît au maître, mais également au chien. S’amuser doit l’emporter sur la recherche de résultats dans certaines disciplines. Plus on touche à des activités différentes, plus l’animal s’épanouira. Je connais beaucoup de chiens très polyvalents, qui font aussi bien du flair que du dog dancing. La seule limite est le respect de leurs capacités. Par exemple, les sports qui nécessitent de l’endurance et de la force, comme le bike joering, ne peuvent évidemment pas être pratiqués par des chiens de petite taille.

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