L'épicurien curieux qui fait de l'affinage tout un fromage

Tout au long de l'été, notre série invite des personnalités à partager un apéritif qu'elles ont imaginé. Cette semaine, c'est Loan Sterchi, affineur à La Chaux-de-Fonds (NE), qui nous reçoit à sa table.
Marjorie Spart

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© Matthieu Spohn

Loan Sterchi aurait-il du fromage qui coule dans les veines? C’est ce qu’on pourrait penser lorsqu’on rencontre l’affineur de 38 ans, actuel propriétaire de la Maison du fromage Sterchi à La Chaux-de-Fonds (NE).

Un coup d’œil à son plateau apéritif nous conforte dans cette idée, puisqu’il est composé aux trois quarts de pâtes dures et de pâtes molles. «On ne se refait pas», sourit-il. Pourtant, tout n’était pas joué d’avance pour ce fils d’affineur qui n’a ressenti aucune pression pour reprendre l’entreprise familiale. «Lorsque j’ai terminé l’école, j’ai opté pour un CFC en ferronnerie d’art. Une formation que j’ai réalisée à Genève», confie Loan Sterchi, qui n’était pas mécontent de quitter les Montagnes neuchâteloise et de voir du pays.

Lorsque le jeune homme rentrait à la maison le week-end, il aidait son père dans sa grotte d’affinage. «Et c’est clairement cette activité qui me procurait le plus de plaisir! » Son père Pierre-Alain Sterchi, dont le savoir-faire a conquis de nombreux grands restaurants entre Bâle et Lausanne, a accepté que Loan se réoriente professionnellement après son CFC, pour embrasser la même carrière que lui. «Mais à condition que je me forme auprès de quelqu’un d’autre», explique Loan Sterchi. C’est ainsi qu’il s’installe dans La Loire, chez Hervé Mons – meilleur ouvrier de France fromager en l’an 2000 – qui lui a fait découvrir «l’art et la manière de faire du fromage et de sublimer ses arômes», en l’envoyant en stage aux quatre coins de l’Hexagone, histoire de se frotter à tous les types de fromages.

Des étincelles et un médiateur

De retour à La Chaux-de-Fonds, père et fils ont commencé à travailler ensemble, «mais cela faisait des étincelles», sourit aujourd’hui Loan en admettant avoir, à l’image de son père, un caractère bien trempé. De quoi interrompre l’aventure? «Pas du tout! Mais nous avons fait appel à un médiateur pour apprendre à mieux communiquer.» Une démarche couronnée de succès, puisque l’aventure familiale s’est poursuivie jusqu’à aujourd’hui. Avec en point d’orgue l’année 2020, qui voit Loan racheter l’entreprise à son père.

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