L'influenceuse du terroir qui cartonne sur les réseaux
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«Margaux va arriver, elle est toujours très occupée», prévient sa maman, en nous servant un délicieux jus de pomme sur le balcon ombragé de la ferme familiale, située à deux pas de Bulle. La jeune influenceuse a un emploi du temps de ministre.
Ce printemps, elle a sorti C’est doux, au fil des saisons, son deuxième recueil de recettes de cuisine entremêlées d’idées de bricolages et d’illustrations de sa main. Dernièrement, elle a enchaîné les sauts de puce entre Paris, Cannes et Berlin pour des collaborations.
Plus d’un million de followers
«Le mois de mai était très intense», confirme la Fribourgeoise qui surgit au détour d’une porte dans une tenue ample et élégante. Brushing impeccable et teint frais, Margaux Seydoux, 700 000 abonnés sur TikTok et 400 000 sur Instagram, explique qu’entre chaque séjour à l’étranger, elle tient à repasser par sa Gruyère natale. C’est là, au milieu des champs et auprès de sa famille, entre Pouf, son bouvier bernois «pot de colle», et Twyx, son chat borgne et épileptique, que la créatrice de contenus se ressource le mieux.
De son enfance à la ferme, elle a gardé un amour pour les animaux, la nature, et les loisirs simples. Entre l’isolement de la campagne et les quelques années d’écart avec son frère et sa sœur, la fillette développe très tôt un imaginaire solitaire. Comme son grand-père paternel, elle adore dessiner. Mais pas question de se limiter aux crayons et aux feutres. Non, la petite Margaux veut «tout essayer». Bricoler, décorer, cuisiner, rien n’échappe à ses mains agiles. «Adolescente, j’ai eu de la peine à savoir ce que je voulais faire, je n’arrivais pas à choisir un seul métier», confie-t-elle en caressant Pouf, qui, effectivement, ne la quitte pas d’une semelle.
Une incursion dans l’architecture
Après un CFC de vente à Manor, elle se décide finalement à rejoindre l’école d’architecture à Fribourg. Un choix de courte durée. Nous sommes en 2021 et la jeune femme se met en scène sur les réseaux sociaux depuis un an déjà. Elle totalise plusieurs dizaines de milliers d’abonnés sur TikTok et décroche ses premières collaborations avec des marques. «J’ai compris à ce moment-là que je n’arrivais pas à faire les deux, je devais choisir.»
Je ne suis pas du tout lassée. J’ai plus d’idées que de temps pour les réaliser. Tant que j’arrive à me renouveler, je continue.
Soutenue par sa famille, elle se consacre pleinement à son activité de créatrice de contenus. Ce passe-temps lancé sur un coup de tête avec son frère pendant le confinement devient sa principale source de revenus. Au fil des mois, la TikTokeuse abandonne les vidéos «trends» du début pour des séquences «plus qualitatives». Elle se spécialise dans la cuisine, les tutos de bricolage en tout genre et les conseils lifestyle. Margaux Seydoux change également de style. Fini les faux cils et les tenues de bimbo. Désormais, elle assume ses origines campagnardes et revendique une image plus proche de la terre. L’audience suit. Les abonnés affluent.
Une question de timing
L’influenceuse attribue une partie de son succès à «un bon timing». «Quand j’ai démarré, nous étions très peu à faire cela, rappelle la Fribourgeoise. Les marques nous contactaient directement et les choses se faisaient simplement.» Six ans plus tard, l’activité s’est professionnalisée. «Le public attend des vidéos rapides et accrocheuses dès les premières secondes.»
Les collaborations commerciales ont également évolué. Les marques négocient des contrats et demandent des garanties. Mais la star des réseaux l’assure: «En Suisse, il y a encore de la place pour tout le monde.» Elle-même s’offre le luxe de travailler uniquement avec les marques qu’elle utilise. Elle refuse de promouvoir des loisirs qu’elle ne soutient pas, évite les sujets clivants et ne partage pas, ou très peu, sa vie privée. «J’essaie de transmettre une énergie positive», résume-t-elle.
Du renfort administratif
Jusqu’à peu, Margaux Seydoux travaillait seule. Depuis janvier, elle a embarqué son copain et sa mère dans l’aventure. Ils l’épaulent dans les tâches administratives pour qu’elle puisse se concentrer sur la création: imaginer les concepts, dénicher les matériaux, tourner et monter ses vidéos, un ensemble de tâches «très variées». Sans oublier l’essentiel: répondre à tous les messages et commentaires qui lui sont envoyés, «environ une heure par jour».
Où se voit-elle dans cinq ans? «Quand j’ai commencé, on me posait déjà cette question et six ans plus tard, je fais toujours la même chose, sourit-elle. Je ne suis pas du tout lassée. J’ai plus d’idées que de temps pour les réaliser. Tant que j’arrive à me renouveler, je continue.» Les envies, elles, ne manquent pas. Après les livres, l’influenceuse songe à la télévision. «J’aimerais bien participer à une émission en lien avec des projets de rénovation chez des particuliers.» Elle réfléchit aussi à créer des collections éphémères. «Le plus important, c’est de toujours se souvenir d’où on vient et pourquoi on est là», insiste-t-elle en jetant un coup d’œil à Twyx.
Son univers
Un paysage
«Les sommets de la Brenleire et du Folliéran. Parmi les plus beaux panoramas du canton de Fribourg.»
Un bruit
«Le son des cloches des vaches. Elles me ramènent instantanément à mon enfance et à la région où j’ai grandi.»
Une odeur
«Le foin fraîchement coupé. Une odeur authentique qui évoque pour moi la campagne et de précieux souvenirs d’été.»
Un film
«La saga «Harry Potter». Pendant les fêtes de fin d’année, je prends le temps de tous les revoir. C’est devenu une véritable tradition!»

