Le poète des cimes bourlingue sur les canopées un crayon à la main
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Francis Hallé est un conteur. Dans la suite de l’hôtel lausannois où nous avons rendez-vous ce matin, il lui suffit de quelques phrases pour faire disparaître le canapé derrière le tronc d’un gigantesque moabi du Gabon, remplacer les rideaux par un bouquet de lianes et cacher la moquette sous une épaisse couche d’humus.
«Dans la forêt tropicale, vous devez faire confiance à vos sens, souffle-t-il. L’odeur, surtout, est fascinante. Au sol, votre nez s’emplit d’une senteur de terre, de feuilles mortes et de bois pourri. Mais quand, suspendu à une corde, vous montez vers le sommet des arbres, la sensation est extraordinaire. Là-haut, vous êtes soudain entouré des fleurs de milliers d’arbres. Elles s’étendent à perte de vue.»
Donner de la magie à la nature
Là-haut, c’est la canopée. La couronne des arbres, un biotope suspendu à 50 mètres du sol qui recèle la diversité biologique la plus riche de la planète. Francis Hallé a voué son existence à l’étude des canopées, de l’Amazonie au Laos en passant par le Cameroun. Hier soir, il était au Palais de Rumine à Lausanne pour une projection d’Il était une forêt, le documentaire qu’il a réalisé en 2013 en compagnie de Luc Jacquet. Devant une salle archicomble, il a raconté la forêt primaire.
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