Face à la chaleur, le maïs fait de la résistance
Partager cet article
La photosynthèse est le moteur de la croissance des plantes. Grâce à l’énergie du soleil, elles captent le dioxyde de carbone (CO₂) de l’air pour fabriquer les sucres qui alimentent leur développement. Mais toutes n’utilisent pas exactement la même stratégie. La très grande majorité des espèces végétales – environ 97% – pratiquent la photosynthèse dite «C3».
Chez ces plantes, le CO₂ est directement capté par une enzyme appelée rubisco. Par forte chaleur, les stomates se ferment pour limiter les pertes d’eau. Le CO₂ pénètre alors moins facilement dans les feuilles, tandis que l’oxygène y devient plus abondant. La rubisco utilise donc plus souvent l’oxygène, ce qui déclenche la photorespiration, un mécanisme qui consomme de l’énergie et réduit l’efficacité de la photosynthèse.
Astuce évolutive
Les plantes «C4» ont développé une astuce évolutive. Avant que le CO₂ n’atteigne la rubisco, il est capté par une autre enzyme, puis transporté sous forme de molécules à quatre atomes de carbone – d’où leur nom. Ce détour permet de concentrer le CO₂ autour de la rubisco et de limiter fortement la photorespiration. La photosynthèse reste ainsi efficace même sous un soleil intense.
Au jardin, plusieurs espèces utilisent cette stratégie, notamment le maïs, le sorgho, le quinoa, l’amarante et le pourpier. Les plantes C4 sont moins performantes lorsque les températures sont fraîches, que la lumière est faible ou que le CO₂ est abondant. Autrement dit, il n’existe pas de système idéal: chaque voie présente ses avantages selon les conditions.
Il craint quand même la chaleur
Le maïs illustre parfaitement les atouts de la photosynthèse C4. Lors des journées chaudes, sèches et très ensoleillées, il maintient plus facilement son activité photosynthétique qu’une céréale C3 comme le blé. Il utilise aussi l’eau et l’azote avec davantage d’efficacité, ce qui lui confère un avantage lorsque l’été devient brûlant.
Attention toutefois à ne pas croire que le maïs est insensible à la sécheresse. Il reste très vulnérable au manque d’eau, en particulier au moment de la floraison et du remplissage des grains. La voie C4 améliore donc ses performances en conditions chaudes, mais ne lui confère pas une résistance illimitée.
À chaque plante son emplacement
Pour le jardinier, la distinction entre plantes C3 et C4 constitue plutôt une bonne clé de lecture. Les espèces C4 apprécient les emplacements les plus chauds et les plus ensoleillés, où elles conservent une photosynthèse efficace malgré la chaleur.
Les plantes C3, qui regroupent l’immense majorité des légumes du potager, se montrent souvent plus à l’aise lorsque les températures restent modérées ou qu’elles bénéficient d’un peu d’ombre aux heures les plus chaudes. Finalement, il ne s’agit pas de savoir quelles plantes sont les plus performantes, mais lesquelles sont les mieux adaptées aux conditions que leur offre le jardin.
Les conseils de Charline Daujat
Purin de prêle
Riche en silice, c’est un excellent fortifiant pour les plantes. Il aide à prévenir de nombreuses maladies cryptogamiques, comme le mildiou, l’oïdium, la tavelure, la pourriture grise, la cloque du pêcher ou encore la fonte des semis. La fermentation du purin demande davantage de patience que celle de l’ortie, car les tiges, très fibreuses, se décomposent lentement. Hachez-les le plus finement possible et remuez souvent.
Fleurs avortées
Vos tomates fleurissent, puis les fleurs se dessèchent et tombent? Lorsque les températures dépassent 32°C, le pollen devient moins fertile et la fécondation échoue souvent. Les fleurs avortent alors sans produire de fruits. Le phénomène est fréquent chez les tomates, mais aussi chez les poivrons, les aubergines ou les haricots. Dès le retour de températures plus clémentes, la fructification reprend généralement.
Siliques de choux
Vous avez laissé monter des choux en graines? Après une belle floraison jaune, de longues gousses se forment, les siliques, qui renferment les graines. Attendez qu’elles sèchent et récoltez par temps sec, juste avant qu’elles ne s’ouvrent spontanément. Attention: les différentes variétés de choux se croisent facilement entre elles. Les semences récoltées ne reproduiront donc pas toujours fidèlement la variété d’origine.


