Regards amoureux sur le Risoud
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Il en caressait l’idée depuis longtemps. Dans un portrait paru dans nos colonnes, Dominique Weibel évoquait il y a trois ans son envie de consacrer un livre à la seule forêt du Risoud, après avoir posé son regard de photographe sur la Vallée de Joux.
C’est désormais chose faite. Lui qui a longtemps travaillé dans l’horlogerie n’aime rien tant que ces instants où le temps semble s’arrêter dans l’immensité de cette forêt millénaire, principalement peuplée d’épicéas.
Se fondre dans le milieu
«On est tout petit quand on entre dans la forêt. J’essaie toujours de m’y fondre, je n’aime pas déranger ce milieu», confie cet habitant du Sentier (VD), qui connaît les habitudes de la faune comme un voisin curieux observerait les mouvements du quartier. De quoi favoriser les rencontres au détour d’un chemin. «Que ce soit avec un cerf ou un sanglier, il y a toujours ce moment de flottement où l’on s’observe, sans trop savoir ce qui va se passer.»
Or, derrière la beauté des mousses et des vieilles souches affleure une certaine tristesse. Avec les sécheresses et les canicules à répétition, le Risoud se transforme à une vitesse qui l’inquiète et les épicéas paient le prix fort. La forêt survivra, il en est convaincu, mais elle ne sera plus tout à fait la même. «Certaines photos deviendront des images d’archives», souffle-t-il.
Dans la forêt du Risoud, le soleil perce les brumes matinales, révélant les mousses du sous-bois gorgées de rosée.
Se retrouvant nez à nez avec le cerf élaphe en période de brame, le photographe décrit un moment de flottement où le temps s'arrête.
L'été et l'automne sont des saisons d'abondance: petits fruits et champignons comestibles peuplent le sous-bois, à l'image de l'écailleux.
Un jeune grand tétras aux aguets. Un survivant devenu de plus en plus rare: l'espèce est aujourd'hui en grand danger d'extinction.La forêt est mise à rude épreuve par les canicules à répétition.
La forêt est mise à rude épreuve par les canicules à répétition. Les épicéas subissent les attaques toujours plus fréquentes du bostryche, tandis que les coupes de bois sont en hausse.
+ D’infos La forêt du Risoud – Ambiances saisonnières, 160 p., CHF 35.-, dominique-weibel.ch



