Cerfs, chevreuils, élans ou rennes: gare au nez rouge!
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Dans un champ, un chevreuil tourne sur lui-même à toute vitesse, à la façon d’un chien qui chercherait sa queue. Il tombe, paraît sonné, se relève à grand-peine et reste titubant. Immortalisée par des gendarmes français, la séquence a enflammé les esprits sitôt parue sur les réseaux sociaux, au point d’être relayée dans plusieurs médias français.
Un cocktail bien chargé
La vidéo en question date du mois d’avril dernier, et documente un phénomène déjà bien connu des gardes-faunes, beaucoup moins en revanche du grand public. Au printemps, à la faveur des éclosions saisonnières, les cervidés sont susceptibles de se laisser aller à consommer des bourgeons sucrés, dont certains auront fermenté sous l’effet des levures. Si le taux d’éthanol contenu individuellement dans chaque bourgeon est très bas, c’est la dose qui fait le poison: cerfs et chevreuils, fraîchement sortis d’hibernation, se sentent appelés à reprendre des forces et peuvent donc en ingérer de grandes quantités.
À l’éventuelle fermentation viennent s’ajouter les alcaloïdes, l’autre élixir que recèlent les bourgeons. La substance, qui sert d’arme chimique naturelle à la plante, peut être amenée à fermenter dans l’estomac des ruminants et à produire des effets euphorisants dont les symptômes sont semblables à ceux de l’alcool: trébuchements, titubations, perte visible de repères, absence de crainte chez un animal pourtant réputé farouche avec l’humain.
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