Avec Berne comme hôte d'honneur, le Marché-Concours est sous tension

La 121ème édition du Marché-Concours de chevaux se tiendra ce week-end à Saignelégier (JU) avec, pour la première fois, le canton de Berne comme hôte d'honneur. Cette présence bernoise, qui symbolise la fin institutionnelle de la Question jurassienne, pourrait provoquer des réactions chez certains militants autonomistes.
ATS/La rédaction

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© Nicolas Dupraz

La 121ème édition du Marché-Concours de chevaux se tiendra ce week-end à Saignelégier (JU) avec, pour la première fois, le canton de Berne comme hôte d’honneur. En raison des tensions liées à la Question jurassienne, aujourd’hui résolue, Berne a été le seul canton à ne pas encore avoir été invité d’honneur au Marché-Concours national de chevaux à Saignelégier, dans les Franches-Montagnes.

Certes, les éleveurs bernois sont nombreux à chaque édition de la manifestation, et ce depuis toujours, avait relevé le président du comité d’organisation Vincent Wermeille lors d’une conférence de presse fin avril. Il était donc normal d’offrir à leur canton le statut d’invité d’honneur. Mais tant les organisateurs que les autorités bernoises avaient souhaité attendre que la Question jurassienne soit réglée sur le plan institutionnel. C’est désormais chose faite avec le transfert de Moutier dans le Jura le 1er janvier dernier.

Eviter les incidents

Certains militants autonomistes ne voient pas d’un bon oeil cette présence bernoise. S’il n’a rien annoncé officiellement, le groupe Bélier pourrait mettre sur pied une action de protestation. «On ne peut pas ne rien faire», a glissé il y a quelques semaines Jonathan Gosteli, l’animateur du groupe, dans les colonnes du Quotidien Jurassien. «Mais on ne fera rien qui nuise au Marché-Concours

Les autonomistes de Belprahon, village situé à côté de Moutier qui avait refusé à une courte majorité en 2017 de devenir jurassien, ont annoncé leur présence à la fête du cheval. Ils ont promis de porter des T-shirts floqués de leur slogan, «Libérons Belprahon».

Lors de la dernière séance du Parlement jurassien, le ministre en charge de la justice et de la police Valentin Zuber a assuré qu’un dispositif sécuritaire qualifié d’exceptionnel serait mis en place. Le Gouvernement jurassien a à coeur que tout se passe bien. Le président du comité d’organisation a aussi lancé des appels à l’apaisement.

Importante participation bernoise

D’un point de vue festif, le point d’orgue de la manifestation sera le grand cortège folklorique qui sera suivi de différentes courses. Avec 20 000 chevaux, poneys et ânes, soit un cinquième du cheptel national, Berne est le plus grand canton pour l’élevage équin.

Fort de cette tradition, Berne va débarquer en force à Saignelégier. Plus de 200 chevaux et une équipe de plus de 600 personnes seront sur place. Le canton de Berne présentera des spectacles équestres, des coutumes régionales, des musiques locales, des artisanats traditionnels et des spécialités culinaires.

Deux conseillers fédéraux

La fête du cheval franches-montagnes recevra la visite de deux conseillers fédéraux: Albert Rösti et la Jurassienne Baume-Schneider. Le Bernois s’exprimera dimanche lors de la partie officielle. L’an dernier, aucun représentant du Conseil fédéral n’avait fait le déplacement.

Le chef du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC), qui sera le représentant officiel du Conseil fédéral, n’est pas étranger à la thématique du cheval, lui qui a présidé la Fédération suisse du cheval franches-montagnes avant d’accéder au Conseil fédéral.

Au total, plusieurs dizaines de milliers de personnes sont attendues sur l’ensemble du week-end. Ces dernières années, l’affluence s’est élevée à environ 50 000 visiteurs par édition.

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