Renaturation d'un cours d'eau pour prévenir les crues à Genève
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La dernière étape de la renaturation du Foron, la rivière qui sépare Genève de la Haute-Savoie, a été inaugurée mardi à Gaillard (France). Une zone inondable de quatre hectares a été créée en amont de sa confluence avec l’Arve pour protéger le canton des crues.
Situé en France, le Foron marque la frontière naturelle avec la Suisse sur ses huit derniers kilomètres. Près de six kilomètres ont été renaturés entre les communes de Puplinge et de Thônex. Le projet vise tant à protéger la population et les biens, qu’à restaurer le cours d’eau et la biodiversité et à créer des chemins pour les piétons et les cyclistes.
Crues historiques de l’Arve
L’Arve a connu des crues historiques en 2015 et en 2023, qui ont touché le centre-ville de Genève et fait monter le niveau du Foron. Avec le réchauffement climatique, «deux saisons nous attendent, l’une sèche et l’autre avec un excès d’eau», a prévenu Martial Saddier, président du département de la Haute-Savoie. Le débit de l’Arve devrait augmenter de 30% au printemps, lors de la fonte des neiges.
«Nous sommes dans une des régions du monde où le réchauffement climatique est le plus marqué», a-t-il souligné, avant de préciser que la Haute-Savoie est «le territoire français le plus en avance sur l’adaptation au réchauffement climatique». La nouvelle plaine alluviale fait partie des 300 hectares «sacrifiés» dans le département pour absorber les crues de l’Arve, a-t-il fait savoir.
Lit fortement élargi
En cette fin de septembre et au terme d’un été très sec, le Foron dessine un mince filet jusqu’à l’Arve. Son lit a été fortement élargi grâce à la destruction des murs qui le corsetaient. Ses berges combinent désormais enrochements et végétaux.
Onze mille mètres carrés de serres de production maraîchère ont aussi été détruits, et les sols ont été désimperméabilisés. De nouveaux microhabitats vont se créer dans le nouvel espace alluvial qui forme un corridor biologique pour la faune aquatique et terrestre.
Coopération transfrontalière
Par ailleurs, une passerelle transfrontalière de 46 mètres est destinée à la mobilité douce. Le projet de renaturation du Foron a été financé à parts égales par la Suisse et la France.
«La gestion de l’eau est le premier domaine où la coopération transfrontalière a démontré son utilité et son efficacité», a relevé le conseiller d’Etat genevois Nicolas Walder, en charge du Département du territoire. «Certains problèmes sont transfrontaliers par nature, certaines solutions aussi», a-t-il déclaré, tout saluant le vote de dimanche en faveur du cofinancement d’infrastructures de mobilité.
