Aux champs comme à l'étable, la canicule a des conséquences
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Travaux essentiels de ce début d’été, les moissons ont bien occupé le jeune Vaudois Antoine Freiburghaus en juillet. La canicule n’a pas épargné le blé, et les moissons ont eu lieu deux semaines plus tôt que l’an dernier. «Si le blé était étonnamment de bonne qualité, avec un rendement de 4,5 à 5 tonnes par hectare, c’est la paille qui a été la plus durement touchée. J’en ai produit à peu près 50% de moins que lors d’une année habituelle. Au lieu des 18 à 20 balles par hectare, on se situe à 10 balles en moyenne cette année. Dès la sortie de la batteuse, la paille se cassait en petits morceaux. J’ai donc pris les devants et j’ai acheté du stock en prévision de cet hiver.»
La sécheresse a aussi des conséquences sur les regains: «J’ai même hésité à faucher, tellement l’herbe avait peu poussé.» Pour contrer la pénurie de fourrage qui pourrait découler de cette situation, l’agriculteur a semé de l’herbe sur une des parcelles de blé. «Habituellement, je semais une couverture végétale, mais je risque d’avoir trop peu de fourrage pour les vaches. Il faut que j’assure mon foin pour l’hiver.»
Coccinelles à foison
Du côté des vaches, tout se déroule bien pour les bêtes montées à l’alpage, où eau et herbe sont présentes en suffisance. Le scénario est moins idéal pour les bœufs de pâturage restés en plaine, qui partiront déjà en juillet à l’abattoir, contre un départ au mois de septembre en général. La faute à la canicule: «Comme de nombreuses bêtes ont dû redescendre des alpages, les prix du marché de la viande ont chuté. J’ai donc décidé de les vendre avant que le prix ne baisse encore.»
Dans les cultures, le maïs souffre lui aussi du peu de précipitations. «Il n’est pas encore mort, mais je ne suis pas serein pour ce qui concerne la suite. Comme mes champs ne sont pas équipés de système d’arrosage, je consulte en permanence les prévisions météo.» Cela dit, le Vaudois constate que ses sols semblent plus résilients depuis qu’il est passé à l’agriculture biologique: «Avant, de grosses fissures apparaissaient dans le sol lors de périodes de sécheresse, mais ce n’est pas le cas cette année. Peut-être le compost que j’ai épandu ou l’absence de traitements permettent-ils à la terre d’affronter plus facilement ces épisodes. Je n’ai pas assez de recul pour le confirmer. Ce qui est frappant, aussi, c’est le nombre impressionnant de coccinelles sur mes champs. Je n’avais jamais vu ça.»
