Le Terratrac fait peau neuve pour ses 50 ans

Près d'un demi-siècle après la sortie du premier tracteur de la gamme, Aebi Schmidt a dévoilé son nouveau modèle, le TT 212, qui se veut plus puissant, plus confortable et esthétique. L'occasion aussi de faire défiler les modèles qui ont fait l'histoire du Terratrac.
Horace Perret

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© Aebi Schmidt
Gros plan sur le relevage arrière du TT 212.
© Aebi Schmidt
TT 212 flambant neuf à côté du premier modèle historique de Terratrac, le TT 77.
© Aebi Schmidt

Une auberge de montagne fleurie entourée de prairies alpines parfaitement fauchées et du lac des Quatre Cantons en arrière-plan, c’est le décor de carte postale qu’a choisi l’entreprise Aebi Schmidt pour présenter son dernier Terratrac, une gamme qui fait déjà partie de l’histoire des machines agricoles.

Lorsqu’elle sort son premier tracteur en 1976, le modèle TT 77, l’entreprise – qui s’appelle encore Aebi – a pour ambition de moderniser l’agriculture de montagne. La machine a été pensée pour évoluer spécifiquement dans les zones d’alpages de forte déclivité et pour assurer de multiples fonctions: fauche, entretien des pâturages, fanage, détaille Mathias Leubler, inégnieur et chef de ventes pour Aebi Schmidt.

Le TT 77 marque un tournant dans l’histoire du porte-outil de pente. «Aebi était l’un des premiers constructeurs à proposer des véhicules avec relevage avant. Avec son gabarit compact, un centre de gravité très bas, et ses quatre roues motrices, ce modèle a su se démarquer de ses concurrents», relève Bernhard Mösching, concessionnaire de la marque à Château-d’Oex.

Perfectionnement d’année en année

La gamme se perfectionnera d’année en année avec l’arrivée d’une cabine, de la climatisation et de nombreuses améliorations techniques. «Aujourd’hui, le Terratrac a été produit à plus de 16 000 exemplaires, tous modèles confondus», précise Mathias Leubler.

Pour illustrer l’évolution de la machine au cours des décennies, l’entreprise a organisé un défilé de ses modèles emblématiques, dont l’historique TT 77, devant l’auberge de l’Alp Blüemlisberg (SZ). L’occasion pour le directeur général du groupe, Barend Fruithof, de revenir sur l’historique d’Aebi Schmidt car, en quelques décennies, l’entreprise s’est totalement métamorphosée, passant d’un atelier de mécanique familial installé à Berthoud (BE) à un groupe multinational, leader du marché américain du déneigement aéroportuaire, et coté en bourse. C’est donc «à l’américaine», sous des volutes de fumigène, que le dernier modèle a fait son entrée en scène sur l’Alp Blüemlisberg.

En chiffres

55,4 kW (75,3 ch) à 2 700 tr/min, puissance nominale

225 Nm à 1600 tr/min, couple maximal

34 l/min, débit de la pompe hydraulique

40 km/h, vitesse maximale

1700 kg, force de relevage avant et arrière

2100 kg, poids à vide

3900 kg, poids total autorisé en charge (PTAC)

Nouveautés du TT 212

Parmi les nouveautés, Aebi Schmidt a confié le design de la machine au tessinois Paolo Fancelli, qui l’a dotée de lignes plus dynamiques et effilées. La principale amélioration technique du TT 212 est l’augmentation de sa force de levage, à l’avant et à l’arrière. «Les roues sont aussi devenues plus grandes, les essieux plus costauds pour garantir davantage de stabilité et de performances», ajoute Mathias Leubler.

Autre élément notable, le moteur a été découplé de la cabine afin de réduire les vibrations. Selon le constructeur, cette modification améliore le confort de conduite, notamment lors des longues journées de travail.

Le TT 212 est équipé d’un moteur quatre cylindres diesel Kubota de 75 chevaux. Si l’électrification a été un temps envisagée, elle n’a pas été retenue, explique l’ingénieur. Les principaux obstacles restent l’autonomie insuffisante, le prix et le temps de charge encore élevés. Si le poids des batteries peut représenter un avantage sur une balayeuse, c’est le contraire sur un Terratrac où chaque kilo en plus réduit la capacité à grimper, selon Mathias Leubler.

Produit de niche

Lors de sa commercialisation prévue début 2027, le TT 212 se vendra autour de 125 000 francs, un prix plus élevé qu’un tracteur standard «mais qui s’explique par une production à petite échelle», justifie le chef de ventes. Pour le revendeur Bernhard Mösching, les Terratrac restent, malgré leur prix, des tracteurs très appréciés, car ils sont les seuls à pouvoir travailler sur des pentes aussi raides. Un argument qui pourrait bien aider le TT 212 à poursuivre son ascension sur ce marché de niche.

Comment ça marche

Selon Aebi Schmidt, le TT 212 constitue une évolution de son prédécesseur. Son moteur est associé à une transmission hydrostatique continue pilotée électroniquement, destinée à améliorer la traction à bas régime sur les terrains en pente. Le véhicule est également doté de nouveaux essieux, de freins multidisques à bain d’huile, de quatre modes de direction et d’une suspension découplée du moteur, du châssis et de la cabine. Son circuit hydraulique débite 34 l/min, tandis que les relevages avant et arrière offrent une capacité de levage de 1700 kg. Le déplacement latéral accru à l’avant doit permettre d’élargir les possibilités d’utilisation. La cabine a, elle aussi, été revue et comprend notamment un écran tactile de 12 pouces ainsi que des commandes intégrées à l’accoudoir.

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