À Genève, cette villa en bois bouscule le cliché de la maison mitoyenne

Cette maison de Veyrier (GE) se joue des codes traditionnels de la villa mitoyenne. Entre contraintes du site et exigences environnementales, le bureau Lacroix Chessex signe un projet aussi ingénieux qu'harmonieux.
Horace Perret

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L'espace intérieur a été composé en décalant les carrés les uns par rapport aux autres.
© Olivier di Giambattista
L'espace intérieur a été composé en décalant les carrés les uns par rapport aux autres.
© Olivier di Giambattista
L'espace intérieur a été composé en décalant les carrés les uns par rapport aux autres.
© Olivier di Giambattista

Dans ce quartier résidentiel de Veyrier (GE), la villa en bois attire tout de suite l’œil. Elle n’est pas cubique comme la majorité de ses voisines. Au premier regard, on serait même bien en peine de dire quelle est sa forme. Elle nous invite à en faire le tour, ce qui rend sa découverte d’autant plus captivante.

À l’origine du projet, le bureau d’architectes Lacroix Chessex. Ce dernier s’est vu confier le mandat de construire une villa mitoyenne sur deux étages pour une famille de quatre personnes. C’est la maman qui a proposé à sa fille de venir habiter sur le terrain familial et de construire une maison contiguë à la maison existante, explique Simon Chessex.

Programme écologique

Il faut savoir que la construction d’une maison mitoyenne permet d’occuper une plus grande surface du terrain qu’un bâtiment indépendant, ce dernier devant respecter des distances minimales par rapport aux limites de la parcelle, précise l’architecte. Le programme a visé dès ses débuts le standard Très haute performance énergétique (THPE). «La maison de mes beaux-parents avait déjà un bon niveau écologique pour l’époque, on a voulu s’inscrire dans la continuité», explique le maître de l’ouvrage.

Ce standard cantonal, en plus de garantir de hautes performances écologiques, offre aux propriétaires la possibilité de construire un peu plus. «C’est un encouragement à la construction durable mis en place par le canton», explique Simon Chessex. La maison a donc été intégralement construite en bois, équipée de panneaux solaires thermiques et photovoltaïques, dotée d’une isolation en laines minérales et d’une pompe à chaleur air-eau.

L'architecte

Basé à Genève, le bureau Lacroix Chessex développe une architecture contemporaine attentive au contexte, à l’usage et à la qualité constructive. Ses projets, de l’habitat aux équipements publics, se distinguent par une approche sobre, où les contraintes du site deviennent un moteur de création. Le bureau accorde une place centrale aux matériaux, à la durabilité et à la précision du détail.

+ d’infos lacroixchessex.ch

Trouver la forme juste

Les architectes ont fait face à des contraintes qui ont stimulé leur créativité. «Nous avons dû imaginer une forme capable de s’insérer à la fois à la maison existante, datant de la fin des années 1990, et à la parcelle en forme de triangle», précise l’architecte. Comme la maison existante avait un toit à deux pans, il a fallu trouver une manière de se glisser sous l’avant-toit, poursuit-il.

Trouver cette forme ne s’est pas fait d’un coup. Après plusieurs essais, la solution apparaît: le carré. «On a compris qu’il fallait avoir plusieurs volumes plutôt qu’un seul, et le carré s’y prêtait bien. À partir de là, les choses se sont mises en place et la maison a été conçue comme une suite de cellules carrées disposées en quinconce et unifiées sous une grande toiture à deux pans.» Cette trame carrée a permis aux architectes de construire, grâce à des décrochements, des façades qui ne sont pas sur le même plan. De l’intérieur, il est ainsi possible de voir par la fenêtre une autre partie de la maison.

De belles diagonales et de la profondeur

La mission que se sont fixée les architectes – développer une maison dans laquelle on ne s’ennuie pas et où chaque espace a son propre caractère – prend alors tout son sens. L’espace intérieur a été composé en décalant les carrés les uns par rapport aux autres. «Cela permet d’avoir des pièces en enfilade qui offrent de belles diagonales, de la profondeur, ce qu’une villa standard n’offrirait pas.»

Quant aux structures portantes, il a été décidé ne pas les cacher sous du plâtre mais de les exprimer. En laissant apparente la poutraison, en renonçant aux plafonds plats, les architectes ont pu gagner des mètres en hauteur et créer une sensation d’espace. En façade aussi, les détails n’ont, délibérément, pas été masqués: les poutres, les solives, la toiture sont apparentes. Les éléments de construction et de structure donnent une expression architecturale au bâtiment. «En exprimant la structure, on a cherché à provoquer une émotion particulière», conclut Simon Chessex.

En chiffres

Niveaux: 2 étages hors sol et sous-sol (local technique, buanderie, cave)

Durée du chantier: 5 ans, de 2019 à 2024 (avec une interruption de 2 ans pour raisons administratives)

Volume bâti: 782 m3

Surface de plancher: 240 m2

Surface habitable: 150 m2

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