Ces oiseaux qui racontent les parcs suisses
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Quel est le point commun entre le faucon crécerelle et la gélinotte des bois? Tous deux sont des espèces mises en lumière dans le cadre d’un projet de sensibilisation et de protection créé conjointement par la Station ornithologique suisse et le Réseau des parcs suisses. Baptisé «Oiseau du parc», ce projet repose sur des mesures ciblées de conservation profitant à des espèces emblématiques de plusieurs parcs d’importance nationale.
Entre espèces familières et oiseaux rares voire menacés, le projet poursuit deux buts distincts. D’un côté, sensibiliser le grand public à la valeur d’une avifaune souvent méconnue. De l’autre, développer des habitats de qualité, riches en espèces. Des mesures concrètes comme la pose de nichoirs, la création de prairies fleuries et de vergers ou la lutte contre l’embroussaillement des alpages permet de favoriser les oiseaux ciblés. Une approche transversale qui met l’accent sur les singularités et le patrimoine naturel de chaque parc.
Aigle royal - Parc national suisse
Après avoir frôlé l’extinction dans notre pays au début du XXe siècle, cet emblématique rapace a pu se rétablir grâce à des mesures de protection strictes. Dans le Parc National Suisse, on étudie aujourd’hui les interactions potentielles entre l’aigle royal et l’autre géant des Alpes, le gypaète barbu.
Alouette lulu - Parc régional Chasseral
Après des recensements pour comprendre l’évolution des populations de ce petit oiseau, des mesures ont été prises pour optimiser les habitats les plus favorables. Pour s’installer durablement, l’alouette lulu a besoin de pâturages boisés de grande qualité écologique.
Effraie des clochers - Parc naturel régional Jura vaudois
Pour favoriser l’installation de la «dame blanche», ainsi que celle du faucon crécerelle avec qui elle partage ce milieu, le Parc jura vaudois a mis sur pied un projet comprenant un travail de prospection et d’inventaire, la pose de nichoirs ainsi qu’un suivi participatif.
Rougequeue à front blanc - Parc naturel régional Gruyère Pays-d'Enhaut
Pour favoriser cet habitant des vergers, plusieurs mesures ont été mises en place dans le Parc Gruyère Pays-d’Enhaut, comme la pose de 76 nichoirs, la plantation d’arbres à haute tige et la création de prairies fleuries.
Crave à bec rouge - Parc naturel de la vallée de Binn
Attention, espèce menacée! Il ne reste plus que 70 à 80 couples en Suisse. C’est dans le Binntal que se trouve la plus grande colonie de cet oiseau qui a besoin à la fois de prairies ouvertes pour se nourrir et de parois rocheuses pour nicher. En plus de sensibiliser le public à sa fragilité, le parc veille à éviter l’embroussaillement des pâturages dans les habitats clés.
Lagopède alpin - Parc Ela
Dans ce parc qui englobe le Val Alvra et le Val Sures, au cœur des Grisons, on met l’accent sur des projets de valorisation des habitats des quatre espèces suisses de tétraonidés. Parmi eux, le lagopède alpin, roi incontesté du camouflage grâce à son plumage qui change de couleur pour devenir blanc en hiver.
Huppe fasciée - Parc naturel Pfyn-Finges
C’est en Valais que se trouve la plus grande population de cet oiseau rare qui niche dans les vergers et les vignobles. Pour répondre à ses besoins, l’équipe du parc a installé de nombreux nichoirs, et en a également intégré lors de la restauration de murs en pierres sèches.
Cincle plongeur - Wildnispark Zürich Sihlwald
Cela fait bientôt 40 ans que les cincles plongeurs de ce parc zurichois sont suivis de près. Par le biologiste Johann Hegelmann d’abord, avant que la Station ornithologique suisse ne prenne le relais. Des décennies de données qui constituent une précieuse source d’information sur ce petit cascadeur des rivières, capable de s’immerger entièrement pour chasser.
Alouette des champs - Parc naturel Beverin
Des recensements ont été menés depuis plusieurs années pour comptabiliser les alouettes des champs nichant dans les prairies du Schamserberg. Menacée, l’espèce peut être favorisée en opérant une fauche tardive sur les prairies, et en laissant des bandes herbeuses à l’état naturel.
Hirondelle de fenêtre - Biosfera Val Müstair
Le premier pas de ce projet est d’établir un inventaire de ces nicheurs en bâtiments, inexistant pour l’heure. Il permettra ensuite de mettre en place des actions pour favoriser ce migrateur au long cours, qui élit volontiers domicile dans des villages et fermes isolées où il trouve des avant-toits favorables à l’installation d’un nid.

