Face à la canicule, un calendrier bousculé et des moissons précipitées
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Les conditions météo très sèches et chaudes des dernières semaines sont à l’origine de moissons nettement plus précoces que d’habitude. On constate toutefois de grandes disparités régionales. Si Grandson (VD) enregistre des records de précocité, celle-ci est moins marquée à Echallens (VD) ou dans le canton de Fribourg.
«Globalement, c’est clair que 2026 est une des années les plus précoces dans le canton de Vaud», constate Dimitri Martin, conseiller agricole chez Proconseil. La cause de cette précocité, nous explique le spécialiste, c’est que les cultures ont séché avant de finir de mûrir et non, comme on pourrait le croire, qu’elles ont mûri vite. Une nuance de taille, car cela va impacter la qualité et/ou le rendement des récoltes.
Des centres collecteurs à plein régime
À Grandson, le centre collecteur de l’entreprise Forestier fonctionne à plein régime depuis plusieurs jours. «On a une énorme avance sur toutes les récoltes, deux semaines au minimum, et les premières qualités réceptionnées sont bonnes, se réjouit Frank Forestier, le responsable du centre. Certains de mes clients ont d’ailleurs déjà terminé leurs récoltes, alors que la réception des orges débute en général aux alentours du 20 juin, celle des colzas début juillet, suivie par celle des blés avec une fin des moissons vers la fin juillet ou début août.»
Si la qualité du blé s’annonce bonne dans la région de Grandson, à l’échelle du canton de Vaud, on est plus prudent. Il y a des grosses différences de qualité mais aussi de rendement dans le blé récolté pour l’instant, relève Dimitri Martin. Les raisons en sont simples. La sécheresse a beaucoup ralenti la maturation du grain et le remplissage des épis de blé. La grêle tombée lors des derniers orages n’a pas aidé, générant localement de très gros dégâts, avec des dommages allant jusqu’à 90% sur certaines parcelles de colzas et 60% sur des parcelles de céréales et blés panifiables, précise Frank Forestier.
De l’orge au colza…
C’est à peu de chose près le même constat à Fribourg où la récolte de blé va commencer avec 15 jours d’avance mais où les rendements vont être fortement impactés suite au manque d’eau et à la canicule. «C’est dommage car jusqu’à peu, on avait une bonne année, le printemps ayant été favorable aux cultures», déplore Robin Philipona, directeur ad interim de la Chambre fribourgeoise d’agriculture.
Du côté des orges, la moisson est déjà bien avancée avec 70% déjà engrangés dans la région d’Echallens, indique Olivier Sonderegger qui dirige la Coopérative Agricole et Meunière d’Echallens (VD). «La qualité et la quantité sont tout à fait correctes, mais on n’est pas non plus dans une année exceptionnelle comme l’année dernière.»
La récolte du colza a déjà commencé dans les régions les plus précoces avec des rendements «acceptables» sur la base de ce qui a été récolté jusqu’à maintenant. En plus des dommages causés par la grêle, certains champs de colzas ont séché très vite avec la canicule, alors que les plantes n’avaient pas encore mûri de manière homogène, explique Dimitri Martin.
…en passant par le maïs
Le maïs a, lui aussi, subi les effets de la chaleur. «Les feuilles de certaines plantes commencent à vriller, ce qui est typique d’un manque d’eau. Mais le plus inquiétant, note Robin Philipona, c’est que certaines plantes font déjà leurs épis, ce qui ce qui veut dire qu’elles ne vont plus beaucoup grandir, alors qu’elles ne font que 1,50 m.»
Si la météo de ces prochains jours – chaleur et sécheresse sont à nouveau au programme – va permettre aux agriculteurs d’avancer rapidement, elle ne va pas améliorer la qualité des récoltes, plutôt le contraire. Pour le blé en particulier, «on risque d’avoir plutôt des mauvaises surprises avec des grains qui ne se seront pas bien remplis sur la fin de cycle», conclut Dimitri Martin.
