Bike to Work: les pendulaires pédalent toujours plus
En 2005, la première édition de Bike to Work avait réuni une vingtaine d’entreprises et 1600 participants. En 2025, ils étaient septante fois plus nombreux.
«L’idée est venue de Pro Vélo Suisse, la faîtière de défense des intérêts des cyclistes, raconte Pascal Perriard, membre de l’équipe organisatrice. L’objectif initial était simple: encourager les trajets domicile‑travail à vélo via un cadre ludique, collectif et facile à mettre en œuvre directement au sein des entreprises. D’abord pensée comme une action pilote, l’opération est devenue la plus grande campagne de promotion du vélo en Suisse. En 2025, elle a réuni 3931 entreprises pour 108 945 cyclistes, qui ont parcouru plus de 29 millions de kilomètres à vélo.»
L’importance du format
Difficile de dégager un profil type parmi les entreprises qui participent à l’aventure: on y retrouve aussi bien des PME que des multinationales ou des administrations publiques. La Ville de Zurich, l’État de Genève, le CERN ou Hoffmann‑La Roche comptent régulièrement parmi les plus grands pourvoyeurs de participants. L’élan ne vient pas seulement des entreprises, mais aussi des collaborateurs eux-mêmes.
«Le format, qui repose sur des équipes, joue un rôle clé: un tiers des personnes qui ne se rendaient pas régulièrement au travail à vélo déclarent avoir été motivées avant tout par leurs collègues, explique Pascal Perriard. Cet effet social est l’un des facteurs majeurs du succès de l’opération.»
Changements à long terme
Le succès ne se mesure pas seulement en nombre de participants ou de kilomètres parcourus, mais avant tout en nouvelles habitudes. «Une étude académique consacrée spécifiquement à Bike to Work conclut que l’action est efficace pour induire un changement de comportement, en particulier chez les personnes privilégiant leur voiture. L’expérience positive, la répétition sur plusieurs semaines et l’aspect collectif favorisent l’adoption durable du vélo comme mode de déplacement.»
Côté encouragement, les participants qui ont utilisé leur vélo sur plus de la moitié de leurs jours de travail participent à un tirage au sort, avec des récompenses à la clé.
Enfin, l’opération permet de mettre en lumière les problèmes liés aux voies cyclables, comme les discontinuités du réseau, les questions de sécurité ou le manque de stationnements adéquats. «Pro Vélo utilise ces expériences de terrain, les retours des participants et le poids symbolique de dizaines de milliers de cyclistes, pour nourrir son travail politique auprès des communes, des cantons et de la Confédération en faveur de meilleures infrastructures cyclables.» L’édition 2026 démarre en mai. Il est temps de graisser sa chaîne!
+ D’infos biketowork.ch

